Réaliser le bon examen au bon moment. C’est la recommandation d’une équipe de recherche présentée lors du Congrès de l’association européenne d’urologie, qui se déroule ce lundi 16 mars à Londres. Ils recommandent de réaliser au plus vite une imagerie chez les personnes se présentant aux urgences après avoir découvert du sang dans leurs urines.
Sang dans les urines : un risque de décès dans les trois mois
"Environ 25.000 personnes se rendent chaque année aux urgences au Royaume-Uni pour cause de sang dans les urines, précisent-ils dans un communiqué. Actuellement, la prise en charge des patients varie selon l'hôpital ou même le médecin consulté. Ceci s'explique par l'absence de recommandations fondées sur des données probantes issues de la pratique clinique." Pour réaliser leurs travaux, ils se sont appuyés sur les données d’un vaste essai appelé WASHOUT : il rassemble les informations médicales de plus de 8.500 personnes recueillies dans 380 hôpitaux à travers le monde et suivies pendant 90 jours. Ils ont constaté que seulement la moitié des patients bénéficient d'un examen d'imagerie et qu’un tiers sont opérés. "Les autres étant renvoyés chez eux ou hospitalisés pour surveillance de l'évolution de leurs symptômes", indiquent-ils.
Or, ces chercheurs ont constaté qu’une intervention rapide est primordiale pour ces patients. D’après leurs données, un patient sur dix se présentant aux urgences avec du sang visible dans les urines décède dans les trois mois suivant son admission, et une personne sur quatre se rendant aux urgences pour les mêmes raisons souffre d'un cancer sous-jacent, le plus fréquent étant le cancer de la vessie.
Urgences : des examens complémentaires nécessaires en cas de sang dans les urines
En revanche, un examen précoce réduit significativement le risque de complications. "Un scanner ou une cystoscopie (un examen de la vessie ndlr), réalisés dans les 48 heures suivant l'admission aux urgences, devraient permettre de déterminer la prise en charge la plus appropriée, notamment la nécessité d'un traitement pour un cancer de la vessie", estiment les auteurs.
L'équipe de recherche travaille actuellement à intégrer ses résultats aux recommandations cliniques. "Nos résultats montrent combien il est important que les médecins entreprennent les démarches nécessaires pour identifier la cause du problème, souligne Nikita Bhatt, urologue consultante à l'hôpital universitaire St Vincent de Dublin, et co-autrice de l'étude. Pour les patients, le message est clair : si vous constatez la présence de sang dans vos urines, n'ignorez pas ce symptôme. Consultez votre médecin dès que possible. Si le problème persiste, insistez jusqu'à trouver une explication. J'espère que notre étude encouragera les patients à le faire."



