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Cognition

«Brouillard cérébral» après une dépression : est-ce ou non un signe de rechute ?

Une étude britannique remet en question les idées reçues sur le "brouillard cérébral" et la dépression. Contrairement aux attentes, ce sont les anciens patients dépressifs qui ont les meilleures performances cognitives qui semblent être les plus exposés aux rechutes.

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L'ESSENTIEL
  • Les troubles cognitifs ne prédisent pas forcément une rechute dépressive.
  • Chez d’anciens patients dépressifs, les meilleurs scores cognitifs étaient associés à davantage de rechutes.
  • Les personnes les plus performantes cognitivement pourraient être plus aptes à reconnaître rapidement leurs symptômes et à demander de l’aide, selon les chercheurs.

Troubles de la mémoire, difficultés de concentration, sensation de "brouillard cérébral" (brain fog)... Ces symptômes cognitifs sont fréquents chez les personnes souffrant de dépression. Pourtant, une nouvelle étude britannique, publiée dans la revue BMJ Mental Health, remet en question une idée largement admise : de mauvaises performances cognitives ne seraient pas forcément synonymes de rechute.

Des troubles cognitifs à la rechute dépressive ? Pas si simple

La recherche, dirigée par la Dre Angharad de Cates de l’Université de Birmingham, a analysé les données de 1.800 participants britanniques issus de la UK Biobank. Tous avaient déjà connu un épisode de dépression et ont été comparés à des personnes du même âge et du même sexe sans antécédent dépressif. Les volontaires ont réalisé plusieurs tests cognitifs : jeux de mémoire, rapidité de réaction, associations de mots ou encore exercices numériques. Des IRM fonctionnelles et structurelles du cerveau ont été effectuées en parallèle.

Les chercheurs partaient d’une hypothèse logique : les personnes présentant davantage de difficultés cognitives auraient un risque plus élevé de rechute. En effet, entre 70 et 90 % des patients atteints de troubles dépressifs majeurs souffrent de troubles cognitifs, parfois persistants. Mais les résultats ont surpris les scientifiques : parmi les personnes ayant déjà souffert de dépression, celles qui obtenaient les meilleurs scores cognitifs étaient paradoxalement plus susceptibles de connaître un nouvel épisode dépressif. Au cours du suivi, 33 % des anciens patients dépressifs ont ainsi connu une rechute, contre 13 % des participants sans historique de dépression qui ont vécu un premier épisode.

Un paradoxe difficile à expliquer

"Nous nous attendions à ce que de moins bonnes performances cognitives soient associées à un risque plus élevé de future dépression, explique la Dre Angharad de Cates dans un communiqué. Cependant, les résultats se sont révélés plus nuancés que prévu." L’équipe de chercheurs avance plusieurs pistes pour expliquer ce paradoxe. Les personnes ayant de meilleures capacités cognitives pourraient être plus aptes à reconnaître rapidement leurs symptômes et à demander de l’aide. A l’inverse, des difficultés cognitives importantes pourraient parfois masquer les signes précoces ou empêcher de les identifier.

Chez les participants n’ayant jamais souffert de dépression, le schéma était plus classique : les individus ayant les moins bons scores cognitifs présentaient un risque accru de développer un premier épisode dépressif. Selon les chercheurs, les participants les moins performants cognitivement étaient 40 % plus susceptibles de tomber en dépression. La Dre Anya Topiwala, coautrice et chercheuse à l’Université d’Oxford, conclut : "On considère souvent les problèmes de mémoire comme une simple conséquence de la dépression, mais nos résultats suggèrent une relation bien plus complexe."

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