- La perception des démangeaisons est différente selon la zone du corps, car les signaux passent par la moelle épinière (ganglions spinaux) pour le corps et le cerveau (ganglions trigéminés) pour le visage.
- Dans le visage, certains neurones activent à la fois des signaux de démangeaison et de douleur.
- En raison de cette superposition, la sensation de grattage diminue.
Les sensations au niveau du visage sont perçues différemment de celles ressenties dans le reste du corps. C’est le cas, par exemple, pour les démangeaisons, qui constituent une sensation désagréable complexe, associée à de nombreuses affections cutanées et systémiques. Dans une nouvelle étude, des scientifiques de l'université d'État de Caroline du Nord (États-Unis) ont voulu comprendre les mécanismes à l'origine de cette différence de réponse aux démangeaisons.
Démangeaisons : les signaux ne passent pas par les mêmes circuits nerveux
Pour ce faire, ils ont exposé des souris, plus précisément sur la joue et la nuque, à l'histamine, qui est libéré par l’organisme lorsqu’il détecte un élément considéré comme une menace (poussière, pollen, poils d’animaux…). Les résultats, publiés dans la revue Communications Biology, ont montré que la réponse aux démangeaisons sur la joue était significativement réduite par rapport à la nuque. Ensuite, l’équipe a examiné l'innervation, c'est-à-dire le nombre de nerfs présents, du visage et du cou. Dans le détail, elle s’est concentrée sur les populations neuronales au sein des ganglions de la racine dorsale (moelle épinière) et du ganglion trigéminal (cerveau), ainsi que les neuropeptides (cellules du cerveau) qu'elles produisent.
Un "mélange" douleur/démangeaison réduit l’envie de se gratter sur le visage
"Grâce à une combinaison d'analyses comportementales, pharmacologiques, génétiques et moléculaires, nous avons identifié une population unique de neurones trigéminaux qui facilitent un codage spécialisé de la démangeaison et de la douleur", ont écrit les auteurs. Dans le ganglion spinal, deux peptides, la substance P et le peptide natriurétique de type B sont respectivement associés à la douleur et aux démangeaisons. Quant au ganglion trigéminal, il possède trois voies potentielles : une pour l'expression de la substance P, une pour celle du BNP et une où les deux sont exprimés. Chez les souris, il semblerait que lors de l'activation de cette troisième voie, la substance P soit surproduite par rapport au peptide natriurétique de type B. "Ce chevauchement au niveau du ganglion trigéminal et la surproduction de substance P semblent détourner la réponse aux démangeaisons."
Dans de futures recherches, les chercheurs comptent comprendre pourquoi la substance P est surproduite dans ce contexte. Ils espèrent que ces premiers résultats permettront de développer de meilleurs traitements contre les démangeaisons faciales.


