- Les injections esthétiques illégales explosent en France.
- Elles exposent à des complications graves de santé.
- Les injections doivent être réalisées par un médecin formé.
Des rides lissées ou des lèvres repulpées pour une centaine d'euros : sur les réseaux sociaux, certains promettent des injections esthétiques, d'acide hyaluronique notamment, avec des résultats en apparence bluffants. Attirés par des prix qui défient toute concurrence, de nombreux clients se tournent vers ces offres, derrière lesquelles se cachent souvent des praticiens qui exercent illégalement.
Selon l’Ordre des médecins, les signalements liés à ces pratiques clandestines ont fortement augmenté, passant de 62 en 2022 à 213 en 2025, un chiffre sous-estimé selon les experts. Ces injections illégales représenteraient jusqu’à 40 % des actes de médecine esthétique en France, d’après le Cercle des Bonnes Pratiques de Médecine Esthétique.
Des produits pas toujours reconnus par les autorités
Une enquête de 20 Minutes sur les "fake injectors" montre aujourd’hui à quel point l’accès à ces prestations clandestines est facile. En quelques messages, un rendez-vous est fixé avec une soi-disant experte, sans véritable évaluation médicale. La praticienne affirme que "tout est désinfecté après chaque passage" et tente de rassurer sur les produits utilisés : "C’est impossible de faire une réaction allergique à l’acide hyaluronique parce que c’est un produit que le corps produit déjà".
Sauf que, selon la Dre Anne Grand-Vincent, médecin esthétique interrogée par 20 Minutes, les produits utilisés ne sont pas toujours reconnus par les autorités sanitaires, ce qui les rend potentiellement dangereux. Et, contrairement à ce qu’affirme la fausse experte, certaines zones comme les lèvres sont particulièrement à risque. Comme le rappelle la Dre Anne Grand-Vincent rappelle : "Elle peut avoir une embolie dans une artère au niveau de la lèvre. Et ce n’est pas exceptionnel : la lèvre est une zone dangereuse".
Infections, nécroses, déformations...
L’Assurance Maladie confirme que des complications graves, "majoritairement liées à des pratiques non conformes", peuvent survenir : infections, nécroses, déformations irréversibles ou réactions allergiques sévères. Dans les cas les plus critiques, une injection mal réalisée peut provoquer des troubles neurologiques, voire une perte de la vue. En mars dernier, à Villeurbanne, une femme est même décédée après une injection clandestine d’acide hyaluronique et de lidocaïne (un anesthésiant) dans les fesses.
En France, seuls les médecins sont autorisés à pratiquer ces injections, mais de nombreux intervenants exercent sans diplôme ni assurance. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) rappelle que "ces pratiques réalisées par des non médecins sont dangereuses et interdites". Elle insiste sur l’importance du respect des règles d’asepsie (changement de seringue, de flacon, désinfection...) et d’une parfaite connaissance de l’anatomie.
Avant toute intervention, il est donc crucial de vérifier les qualifications de la personne qui réalise les injections, de demander l’origine des produits et de bénéficier d’une consultation préalable. Un médecin formé saura non seulement réaliser l’acte, mais aussi gérer les complications éventuelles, rappelle la Dre Anne Grand-Vincent.


