- Les injections "repulpantes" d’acide hyaluronique séduisent de plus en plus.
- Les complications peuvent être graves, voire mortelles : infections, nécroses, déformations irréversibles, réactions allergiques...
- Seuls les médecins sont habilités à pratiquer ces actes en toute sécurité.
Des rides lissées, des lèvres charnues, des pommettes gonflées... Les injections d’acide hyaluronique, substance connue pour ses propriétés hydratantes et "repulpantes", séduisent de plus en plus par leurs promesses de résultats rapides. Mais ces actes esthétiques ne sont pas anodins et les risques sont parfois graves voire mortels, alertent les autorités sanitaires et les professionnels du secteur.
De l’acide hyaluronique dans les fesses
Le 20 mars 2026, une femme d’une quarantaine d’années est décédée d’un arrêt cardiaque à Villeurbanne, près de Lyon, après avoir reçu, dans un appartement, une injection d’acide hyaluronique et de lidocaïne (un anesthésiant) dans les fesses. Une personne soupçonnée d’avoir pratiqué l’injection est poursuivie pour "homicide involontaire" et "exercice illégal de la profession de médecin", a indiqué le parquet lundi 30 mars, confirmant une information de La Dépêche du Midi.
Selon le Syndicat national de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique (SNCPRE), "ce drame illustre les dangers liés à ces actes pratiqués par des non-médecins et dans des conditions sanitaires déplorables". Attirés par des prix attractifs sur les réseaux sociaux, de plus en plus de patients se tournent vers des pratiques illégales, en forte augmentation selon l’Ordre des médecins, avec 213 signalements en 2025, contre 128 en 2024 et 62 en 2022. Des chiffres bien en deçà de la réalité, pour l’Ordre.
Infections, nécroses, déformations...
L’Assurance maladie rappelle que, "bien que peu nombreuses, les complications liées aux injections d’acide hyaluronique à but esthétique peuvent être graves" et sont "majoritairement liées à des pratiques non conformes" : infections graves, nécroses, déformations irréversibles ou réactions allergiques sévères qui peuvent évoluer en choc anaphylactique dans les cas les plus graves.
Plus inquiétant encore, une injection mal réalisée, dans un vaisseau sanguin par exemple, peut provoquer une embolie. Il y a alors un risque de "nécroses cutanées", "des douleurs oculaires et une perte de la vue" ou encore de "troubles neurologiques sévères".
Entre août et septembre 2024, huit personnes ont été hospitalisées en réanimation pour des symptômes sévères : difficulté à parler ou à avaler (fausses routes), difficulté à marcher, vision floue ou double, difficultés respiratoires (nécessitant une trachéotomie pour certains).
Pourquoi un cadre médical est essentiel
L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) rappelle que "ces pratiques réalisées par des non médecins sont dangereuses et interdites". Elle insiste sur l’importance du respect des règles d’asepsie (changement de seringue, de flacon, désinfection...) et d’une parfaite connaissance de l’anatomie. L’ANSM précise que les médecins sont formés pour prévenir, mais aussi traiter les effets indésirables : infections, allergies ou occlusions vasculaires. Ils réalisent aussi un interrogatoire préalable pour adapter le geste au patient. Avant d’envisager toute injection d’acide hyaluronique, il est crucial de consulter un professionnel qualifié, conclut l’agence.


