- Dans les troubles bipolaires, les variations de l'humeur prennent une intensité et une ampleur qui dépassent ce qui est habituel.
- Hyper-activité, impatience peuvent être des signaux d'alerte.
- Une prise en charge précoce peut permettre de rétablir l'équilibre émotionnel.
S'il est naturel de traverser des périodes de hauts et de bas au cours de la vie, dans le trouble bipolaire, ces fluctuations prennent une intensité et une ampleur qui dépassent les variations habituelles. Au début, les signes peuvent être discrets et interprétés comme des traits de personnalité ou des réactions passagères.
Identifier des phases d’énergie anormalement élevées
L’un des premiers indices peut être l’apparition de périodes de haute énergie, parfois qualifiées d’hypomanie quand elles sont modérées. La personne semble alors fonctionner “à plein régime”, avec un besoin de sommeil fortement diminué, sans sensation de fatigue. Elle peut multiplier les projets, parler plus vite que d’habitude, se montrer particulièrement enthousiaste ou confiante, voire prendre des décisions impulsives.
S’engager dans plusieurs projets ambitieux en même temps, dépenser de l’argent de façon inhabituelle ou ressentir une grande impatience face aux autres doivent être des signaux d'alerte. Si ce changement peut être vécu comme positif sur le moment, il devient un signal d’alerte quand il contraste nettement avec le fonctionnement habituel et qu’il s’accompagne d’une perte de recul ou d’une importante irritabilité.
Repérer les phases de repli et de ralentissement
À l’opposé de ces périodes d’élan, des phases de ralentissement peuvent apparaître. Il ne s’agit pas simplement d’un passage à vide, mais d’un état plus profond marqué par une perte d’énergie, un désintérêt pour les activités habituelles et parfois un isolement progressif. La personne peut avoir du mal à se lever, à se concentrer ou à ressentir du plaisir.
Cesser de répondre aux messages, annuler ses engagements ou exprimer un sentiment de vide et de fatigue persistante doivent être des signaux d'alerte. Ces moments peuvent être difficilement compris par l’entourage, qui peut être tenté de vouloir motiver ou minimiser.
Adopter une communication soutenante et constructive
Face à ces variations, la façon d’en parler est essentielle. Plutôt que de juger ou d’interpréter, il est généralement plus aidant d’exprimer ses observations avec douceur. Utiliser le “je” permet de partager son inquiétude sans accuser, par exemple en disant que l’on remarque un changement de rythme ou que l’on s’inquiète du manque de sommeil.
En aidant la personne à se sentir comprise, plutôt que critiquée, elle peut elle-même remarquer ces fluctuations et envisager une consultation auprès d'un professionnel. Avec une prise en charge précoce et un environnement soutenant, l’équilibre émotionnel peut être retrouvé et une vie épanouie pleinement envisagée.
En savoir plus : "La maladie bipolaire : expliquée aux souffrants et aux proches" de Raphaël Giachetti et Dominique Vialard.


