- La microglie est une substance composée de cellules immunitaires chargées de protéger le cerveau en éliminant tous les agents pathogènes.
- Selon une étude, des perturbations chroniques du sommeil pourraient affecter la microglie et empêcher son fonctionnement normal.
- Dans ce cas, les cellules immunitaires n’assureraient donc plus leur rôle, favorisant l’accumulation de débris et de plaques amyloïdes, typique de certaines maladies neurodégénératives comme Alzheimer.
Une raison de plus pour bien dormir ! Dans une étude publiée dans la revue Journal of Neuroinflammation, des chercheurs montrent que des perturbations répétées du sommeil et du rythme circadien pourraient accélérer le vieillissement cognitif.
Des cellules immunitaires stressées et dysfonctionnelles
Lors de précédents travaux, l'équipe a remarqué que la dérégulation du rythme circadien pendant le travail posté était liée à un vieillissement cognitif. En tentant de comprendre le phénomène, elle a fait une découverte. "Nous avons constaté des modifications (...) de la microglie, explique Karienn Souza, l’un des auteurs, dans un communiqué. La microglie est un ensemble de cellules immunitaires présentes dans le cerveau.” Lorsque ces cellules sont en bonne santé, elles ont une structure ramifiée, semblable à un arbre, qui leur permet d’éliminer les agents pathogènes et de nous protéger contre les maladies neurodégénératives.
Les chercheurs ont découvert que les cellules microgliales affectées par des perturbations prenaient des formes irrégulières, présentant des ramifications étendues ou supplémentaires. Ce qui est connu pour être un signe de stress chez ces cellules et surtout d'un dysfonctionnement potentiel.
"L'hypothèse est que, lors d'un dysfonctionnement de la microglie, des débris, des cellules endommagées et même des plaques amyloïdes peuvent s'accumuler dans le cerveau. Avec le temps, cette accumulation pourrait contribuer à l'apparition ou à l'aggravation des symptômes de la démence", écrivent les auteurs dans leur communiqué.
Une nouvelle thérapie pour préserver la microglie
Face à ces résultats, les chercheurs ont lancé un nouveau programme de recherche. Dans le cadre de celui-ci, ils testent une nouvelle thérapie avec laquelle ils espèrent protéger les cellules immunitaires de notre cerveau contre cet état de stress créé lors de la dérégulation du sommeil.
Elle utilise des vésicules extracellulaires. Ces minuscules particules issues de cellules souches intéressent les chercheurs pour leur capacité à transmettre des signaux biologiques. Dans cette nouvelle thérapie, les scientifiques s’en servent pour envoyer des signaux anti-inflammatoires aux cellules immunitaires et ainsi les empêcher de devenir “stressées”.
Si les résultats sont concluants, les vésicules extracellulaires pourraient donc permettre la mise au point de nouvelles thérapies contre les maladies neurodégénératives comme celle d’Alzheimer. Aujourd’hui, cette pathologie touche environ 1,2 million en France, selon l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Et ce nombre ne cesse d’augmenter, car, chaque année, environ 225.000 nouveaux cas sont diagnostiqués dans le pays.



