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QUESTION D'ACTU

Soins intensifs

«Poumon artificiel», traitements... Comment sont soignés les patients positifs au hantavirus ?

Faute de traitement spécifique contre le hantavirus des Andes, les médecins misent sur des soins intensifs et l’apaisement des symptômes, ainsi qu’une surveillance renforcée des cas contacts pour limiter les risques.





L'ESSENTIEL
  • A ce jour, il n'existe pas de traitement spécifique ni de vaccin validés contre les hantavirus.
  • Une Française infectée est hospitalisée en réanimation à Paris, sous oxygénation artificielle.
  • La prise en charge d'autres cas positifs repose essentiellement sur le traitement des symptômes.

Branchée à une machine capable d’oxygéner son sang à la place de ses poumons, une Française atteinte d’une forme rare d’hantavirus lutte actuellement pour sa survie à l’hôpital Bichat, à Paris. Cette passagère du navire MV Hondius, où plusieurs cas ont été détectés, souffre de "la forme la plus sévère de la présentation cardiopulmonaire", a expliqué l’infectiologue Xavier Lescure lors d’une conférence de presse au ministère de la Santé.

La patiente est placée sous ECMO, une technique de circulation extracorporelle souvent surnommée "poumon artificiel". "Elle a un poumon artificiel, une dérivation du sang pour permettre, on l’espère, de passer le cap", a détaillé le spécialiste. L’objectif est de laisser le temps aux poumons, gravement atteints par le virus, de se réparer.

Aucun traitement spécifique contre le virus

Face au hantavirus des Andes, les médecins disposent de peu d’armes thérapeutiques. "A ce jour, il n’y a pas de traitement homologué ni de traitement prophylactique disponible", rappelle l’épidémiologiste Antoine Flahault, professeur à l’université Paris Cité, interrogé par 20 Minutes. Certains antiviraux comme la ribavirine, prescrite contre les infections provoquées par l’hépatite C, ont déjà été testés, mais avec des résultats jugés "un peu décevants", selon l’expert.

"La prise en charge repose donc essentiellement sur l’apaisement des symptômes", explique l’Inserm. Fièvre, douleurs musculaires et fatigue peuvent être soulagées par du repos et du paracétamol dans les formes modérées. Mais "dans les formes les plus sévères, les patients doivent être hospitalisés, souvent en unité de soins intensifs, avec une surveillance étroite et, si nécessaire, une aide respiratoire (oxygénothérapie, voire ventilation)", poursuit l'institut de recherche.

Le Dr Olivier Bouchaud, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Avicenne, résume la difficulté des médecins auprès de FranceInfo : "La seule chose qu'on peut faire, c'est aider le poumon à fonctionner quand il est atteint, ou donner des médicaments pour stimuler le cœur s'il est touché."

La piste de l’immunothérapie ?

Même si aucun traitement validé n’existe aujourd’hui, plusieurs pistes thérapeutiques sont à l’étude. Selon l’Inserm, l’immunothérapie apparaît comme la plus prometteuse. "Le transfert de plasma humain contenant des anticorps anti-virus Andes a permis de réduire fortement la mortalité chez des patients infectés", indique le Centre national de référence des hantavirus.

En parallèle, les autorités sanitaires françaises renforcent la surveillance et les mesures d’isolement pour éviter toute diffusion du virus. Quatre autres Français rapatriés du bateau sont toujours négatifs mais restent hospitalisés à Bichat sous isolement strict. Au total, 22 cas contacts ont été identifiés après plusieurs vols internationaux. La ministre de la Santé Stéphanie Rist a indiqué qu’ils étaient "hospitalisés" ou "en cours d’hospitalisation" pour une durée de quatorze jours.

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