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Reproduction

Fertilité : et si un chromosome disparu réduisait les chances de grossesse ?

La perte du chromosome X chez la femme est associée à une diminution des chances de conception naturelle.

Fertilité : et si un chromosome disparu réduisait les chances de grossesse ? vchal/iStock




L'ESSENTIEL
  • Les femmes ayant des difficultés à concevoir présentaient davantage de cellules sanguines ayant perdu un chromosome X.
  • Au-delà d’un certain seuil (environ 0,9 % de cellules affectées), les chances de grossesse naturelle diminuent deux fois plus.
  • D’après les chercheurs, ce marqueur pourrait améliorer les diagnostics de fertilité et orienter plus tôt vers la PMA.

Les êtres humains ont généralement 46 chromosomes, organisés en 23 paires. Parmi eux, une paire porte l'information génétique déterminant le sexe biologique. La combinaison généralement associée au sexe féminin est XX et celle liée au sexe masculin est XY. "On ignore souvent qu'avec l'âge, les hommes peuvent perdre le chromosome Y et les femmes l'un de leurs chromosomes X. Ces phénomènes sont appelés perte du chromosome Y (LOY) et perte du chromosome X (LOX). La LOY est associée à plusieurs maladies telles que la maladie d'Alzheimer, le diabète et les maladies cardiaques, tandis que la LOX pourrait être liée à la leucémie myéloïde aiguë et à la pneumonie", ont souligné des scientifiques de l'université métropolitaine d'Osaka (Japon).

Fertilité : moins de chances de conception naturelle chez les femmes ayant perdu le chromosome X

Cependant, l'impact de la perte du chromosome X sur la reproduction reste mal connu. C’est pourquoi l’équipe a mené une étude parue dans la revue Reproductive BioMedicine Online. Dans le cadre de celle-ci, elle a prélevé des globules blancs chez des femmes âgées de 20 à 45 ans, dont 123 avaient conçu naturellement un enfant et 381 n'avaient pas conçu un bébé, puis a comparé leurs taux de perte du chromosome X. Le critère d'évaluation principal était la différence de taux entre les cas et les patients témoins. Les analyses secondaires ont évalué les résultats des techniques de procréation médicalement assistée (grossesse dans les trois cycles de transfert d'embryons) au sein d'un sous-groupe suivi.

D’après les résultats, le taux de perte du chromosome X augmentait avec l'âge et était plus élevé chez les femmes infertiles. Cette différence restait significative après avoir pris en compte l'âge, l'indice de masse corporelle (IMC) et les antécédents de grossesse. Lorsque cette proportion dépassait environ 0,9 %, la probabilité de concevoir naturellement diminuait deux fois plus. Ensuite, les auteurs ont examiné le lien entre la perte de chromosome X et l'hormone anti-müllérienne (AMH), un marqueur de la réserve ovarienne. L'analyse a montré que les taux d'AMH n'étaient pas corrélés aux taux de perte de chromosome X mesurés dans les travaux, ce qui "suggère que la perte de chromosome X reflète une dimension biologique distincte de la réserve ovarienne classique."

3 hypothèses avancées par les scientifiques

Selon les chercheurs, plusieurs mécanismes pourraient expliquer l'association observée. La première possibilité est que la perte du chromosome X serve de marqueur sanguin indirect d'instabilité génomique systémique ou de vieillissement biologique, pouvant également affecter les tissus reproducteurs. Autre hypothèse : une prédisposition génétique commune qui accroît la susceptibilité à la fois à la perte du chromosome X et à une altération de la fertilité. La troisième théorie avancée par l’équipe est que la perte du chromosome X exerce des effets fonctionnels par le biais d'une dysrégulation immunitaire. "Compte tenu du rôle central de la régulation immunitaire dans l'ovulation, l'implantation et le maintien de la grossesse en début de gestation, les modifications de la fonction leucocytaire associées à la perte du chromosome X pourraient vraisemblablement contribuer à une diminution du succès reproductif. Des futures recherches intégrant des analyses fonctionnelles, génétiques et des modèles expérimentaux seront nécessaires pour élucider ces mécanismes."

Face à ces données, les auteurs estiment qu’à l’avenir, le dosage de la perte de chromosome X chez les personnes infertiles pourrait aider à déterminer la possibilité d'une grossesse naturelle ou à décider d'initier plus précocement des traitements contre l'infertilité, comme la fécondation in vitro.

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