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Alzheimer, Parkinson : ce dispositif permettrait de les détecter précocement

Des chercheurs canadiens développent des écouteurs capables d’analyser les sons internes du corps afin de repérer précocement les signes d’Alzheimer ou de Parkinson. Une innovation qui pourrait transformer le diagnostic des maladies neurodégénératives.

Alzheimer, Parkinson : ce dispositif permettrait de les détecter précocement SerrNovik / istock




L'ESSENTIEL
  • Des écouteurs intelligents pourraient détecter très tôt Alzheimer et Parkinson.
  • Les chercheurs analysent les sons internes du corps comme la respiration ou les battements du cœur.
  • L’objectif est de permettre des diagnostics plus précoces et des traitements plus efficaces.

Une respiration légèrement différente, des difficultés à avaler ou à trouver les mots, une façon inhabituelle de parler... Bien avant les tremblements associés à Parkinson ou les troubles de mémoire liés à l’Alzheimer, le corps envoie déjà certains signaux, qui passent souvent inaperçus. Au Canada, des chercheurs de l’Ecole de technologie supérieure (ÉTS) de Montréal développent actuellement une technologie qui pourrait tout changer : des écouteurs capables d’écouter les sons internes du corps pour détecter plus tôt les maladies neurodégénératives.

L’oreille, une nouvelle fenêtre sur le cerveau

Car le problème est que les diagnostics arrivent souvent trop tard. "Ils sont souvent posés après que les symptômes deviennent évidents", explique Rachel Bouserhal, professeure à l’ÉTS, dans un article publié dans The Conversation. Or, une prise en charge précoce peut ralentir l’évolution de la maladie. "Certains traitements sont plus efficaces lorsqu’ils sont administrés très tôt", rappelle la chercheuse.

Pour mieux détecter ces maladies, les scientifiques analysent désormais les sons produits naturellement par le corps. Lorsque l’oreille est bouchée par un écouteur, certains bruits internes deviennent amplifiés : battements du cœur, respiration, déglutition, parole et même clignements des yeux. Ce phénomène, appelé "effet d’occlusion", peut être capté grâce à un dispositif équipé de microphones miniatures. "Les interactions entre respiration et déglutition sont modifiées très tôt chez les personnes atteintes de Parkinson", précise Rachel Bouserhal. Ce n’est pas tout : les mouvements oculaires associés à Alzheimer pourraient également être détectés.

L’IA au service du diagnostic précoce

L’objectif, à terme, est de repérer des anomalies invisibles à l’œil nu grâce à des algorithmes d’intelligence artificielle capables de trier plusieurs signaux enregistrés simultanément. Les chercheurs travaillent déjà avec Parkinson Québec, l’Université de Montréal et le Centre de recherche Douglas afin de comparer les signaux physiologiques de personnes malades et en bonne santé. Et les premiers résultats sont prometteurs : l’équipe affirme avoir déjà réussi à détecter le stress grâce aux signaux cardiaques enregistrés dans l’oreille. Une avancée importante, notamment chez les patients souffrant de troubles cognitifs, souvent plus sensibles aux bruits et aux situations stressantes.

A terme, les scientifiques espèrent transformer ces écouteurs en véritables outils médicaux. "Nous pensons que nos algorithmes pourront détecter avec précision les premiers signes des maladies neurodégénératives", prédit Rachel Bouserhal. Une petite révolution qui pourrait améliorer la prise en charge d’Alzheimer et de Parkinson en permettant des interventions "plus rapides, mieux ciblées et potentiellement plus efficaces".

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