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Santé cognitive

Alzheimer : certains loisirs réduisent le risque

Jouer d’un instrument de musique, voyager ou lire améliorent les fonctions cognitives. À long terme, cela réduit le risque de développer la maladie d’Alzeimer. 

Alzheimer : certains loisirs réduisent le risque  Rawpixel/istock

  • Publié le 24.04.2026 à 09h30
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Adapter ses loisirs pour réduire le risque de démence ? C’est la théorie d’une équipe de recherche du Trinity College de Dublin, en Irlande. Selon leurs conclusions, publiées dans Journal of Alzheimer’s & Dementia: Diagnosis, Assessment and Disease Monitoring, les activités stimulantes d’un point de vue physique, social ou intellectuel, pratiquées pendant la quarantaine, améliorent les capacités cognitives. Cela pourrait ainsi réduire le risque de démence. 

Quels sont les liens entre les loisirs et le risque de démence ?

"Nous savons depuis un certain temps que des activités physiques régulières, comme l'exercice physique, peuvent ralentir le déclin cognitif chez les personnes âgées, rappelle Lorina Naci de l'Institut de neurosciences du Trinity College et de l'Institut mondial de la santé cérébrale, et co-autrice de ces travaux. Nous avons été surpris de constater que des activités quotidiennes stimulantes améliorent significativement les fonctions cognitives dès la quarantaine, des décennies avant l'apparition du déclin cognitif lié à l’âge." 

Ils l’ont constaté en réalisant une étude avec 700 adultes en bonne santé cognitive, âgés de 40 à 59 ans. Parmi eux, certains avaient une prédisposition génétique à la maladie d’Alzheimer. Tous ont été suivis pendant dix ans. Les chercheurs se sont intéressés aux activités qu’ils pratiquaient et à leur vie sociale. Par exemple, ils ont recensé les moments passés en famille ou entre amis, la pratique d’un instrument de musique, d’un loisir artistique, d’une activité physique, la lecture, l’apprentissage d’une langue étrangère ou encore les voyages. "Nous avons observé que les bénéfices les plus importants provenaient d'une combinaison d'activités variées, plutôt que d'une seule, précise Lorina Naci. Nos résultats suggèrent que la variété est essentielle et qu'une combinaison de stimulation physique, sociale et mentale est la plus efficace pour favoriser la santé cérébrale."

Démence : les effets des activités sociales et créatives sont plus forts que le risque génétique 

Leurs travaux ont aussi démontré que ces différents loisirs pouvaient contrebalancer la prédisposition génétique. "Une activité stimulante peut jouer un rôle plus important que le principal facteur de risque génétique commun de la maladie d’Alzheimer à apparition tardive – l’apolipoprotéine E ε4 – sur la santé cognitive à la quarantaine, concluent les auteurs. Autrement dit, l’association positive entre ces activités et la cognition était plus forte que l’association négative avec le risque génétique."

Démence et maladie d’Alzheimer : la prévention démarre dès la quarantaine 

D’après l’association France Alzheimer, le nombre de personnes atteintes de démence, dont la maladie d’Alzheimer, pourrait doubler d’ici à 2050. Pour les auteurs de cette étude, ces découvertes apportent des informations précieuses sur la prévention de ces pathologies. "Cette étude redéfinit la santé cérébrale comme un aspect que chacun peut influencer par des choix de vie accessibles, encourageant ainsi une participation précoce et régulière à des activités agréables, développe Lorina Naci. Elle montre également que les gouvernements soucieux de réduire le fardeau futur de la démence doivent prioriser les interventions sur le mode de vie à la quarantaine et à la cinquantaine, notamment le soutien en santé mentale, la gestion des risques cardiovasculaires, la prévention des traumatismes crâniens et l'accès à la formation continue."

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