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Démence

Alzheimer : ces cellules jusqu’ici peu étudiées ouvrent une nouvelle piste pour les patients

Des chercheurs français ont découvert l’implication des tanycytes dans la survenue et la progression de la maladie d’Alzheimer.

Alzheimer : ces cellules jusqu’ici peu étudiées ouvrent une nouvelle piste pour les patients Nadzeya Haroshka/iStock




L'ESSENTIEL
  • Pour la première fois, des scientifiques lillois ont montré que les tanycytes (des cellules cérébrales) participent au transport de la protéine Tau hors du cerveau.
  • Leur dysfonctionnement pourrait provoquer l’accumulation de Tau, qui contribue à la dégénérescence des neurones et à la progression de la maladie d’Alzheimer.
  • Les tanycytes, qui sont endommagés dans le cerveau de patients atteints d’Alzheimer, "pourraient ainsi être considérées comme une nouvelle cible thérapeutique."

Causée par une dégénérescence lente et progressive des neurones dans l’hippocampe avant de s’étendre à l’ensemble du cerveau, la maladie d'Alzheimer est caractérisée par une accumulation de protéine Tau pathologique dans le cerveau et le liquide céphalo-rachidien (LCR), au lieu de son élimination normale dans le sang. "Cependant, les mécanismes sous-jacents restent obscurs", selon des chercheurs de l’Inserm, de l’université de Lille et du CHU de Lille (États-Unis). C’est pourquoi ces derniers ont mené une étude, publiée dans la revue Cell Press Blue, au cours de laquelle ils se sont concentrés sur les tanycytes, des cellules connues pour assurer des échanges essentiels entre le cerveau et le reste du corps, notamment entre le système sanguin et le liquide céphalorachidien. "Par exemple, elles détectent et transportent la leptine (l’hormone de satiété) vers le cerveau, et c’est grâce à leur fonction que le cerveau régule l’appétit et l’équilibre énergétique."

Les tanycytes capturent la protéine Tau et la transportent vers les vaisseaux sanguins pour l’éliminer

Afin de déterminer le rôle potentiel des tanycytes dans le contexte pathologique de la maladie d’Alzheimer, l’équipe a utilisé des modèles animaux et cellulaires, ainsi que des tissus de patients. Elle a injecté la protéine Tau dans le liquide céphalorachidien et observé son trajet grâce à des techniques de fluorescence. Pour la première fois, les auteurs ont constaté que, chez les souris, les tanycytes étaient la voie d’évacuation principale des protéines Tau du cerveau vers la circulation sanguine. Ensuite, ils ont montré que, chez les souris présentant un niveau élevé de Tau dans le liquide céphalorachidien, le fait de bloquer l’activité des tanycytes favorisait la tauopathie (maladie caractérisée par une accumulation de formes anormales de la protéine Tau) et le développement précoce des symptômes de démence caractéristiques de la maladie d’Alzheimer.

Alzheimer : les tanycytes sont abîmés chez les patients

Chez les personnes décédées souffrant de la maladie d'Alzheimer, les rapports plasma et liquide céphalorachidien de la protéine tau totale et de la protéine tau p181 sont réduits. Plus précisément, les tanycytes des patients présentent des prolongements fortement fragmentés et des altérations transcriptomiques significatives. En clair, les cellules sont abîmées, ce qui explique le déficit d'élimination. "Cette altération semble propre à la maladie d’Alzheimer – les chercheurs ne l’ont pas retrouvée dans le cerveau de patients atteints d’autres types de démences", peut-on lire dans le communiqué de l’Inserm.

"Une nouvelle cible thérapeutique"

"Nos résultats montrent de façon inédite la capacité des tanycytes à transporter la protéine Tau du liquide céphalorachidien vers le sang et l’importance de ces cellules dans la physiopathologie de la maladie d’Alzheimer. Ils suggèrent que la dégradation de ces cellules contribue à la maladie d’Alzheimer. (…) Les tanycytes pourraient ainsi être considérées comme une nouvelle cible thérapeutique. Et si la bonne santé de ces cellules pouvait à terme permettre de prévenir le développement de la maladie ?", Vincent Prévot, directeur de recherche de l’Inserm qui a dirigé l’étude.

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