- Les femmes de 15 à 24 ans ayant eu des lésions cervicales de haut grade courent un risque accru de développer ultérieurement des problèmes cardiovasculaires.
- L’étude suggère que des comportements et conditions associées aux lésions (comme le tabagisme ou l’obésité) pourraient contribuer à ce lien.
- Les chercheurs soulignent l’importance d’une meilleure sensibilisation et d’un suivi médical précoce chez les patientes concernées.
Les antécédents cervicaux déterminent l'avenir du cœur. C’est la conclusion tirée par des chercheurs de l’université de Linköping et de l'Hôpital universitaire Karolinska (Suède). Pour parvenir à celle-ci, ces derniers ont mené une étude au cours de laquelle ils se sont penchés sur le lien entre maladies cardiaques et cancer. Ces deux principales causes de décès dans le monde partagent de nombreux facteurs de risque et mécanismes biologiques communs. Ainsi, les processus qui favorisent l'une peuvent également accroître le risque de l'autre.
De ce fait, de nombreuses études récentes se sont concentrées sur des groupes d'adolescents et de jeunes adultes atteints de cancer afin de comprendre leur risque de maladies cardiovasculaires. Cependant, les jeunes femmes présentant une lésion intraépithéliale squameuse de haut grade du col de l'utérus ont rarement été incluses. Pour rappel, une lésion intraépithéliale squameuse de haut grade, généralement causée par le papillomavirus humain (HPV), est une modification anormale des cellules du col de l'utérus, pouvant évoluer en cancer si une prise en charge médicale précoce, réduisant le risque de transformation cancéreuse, n’est réalisée.
Crise cardiaque, insuffisance cardiaque… Plus de risque chez les jeunes femmes atteintes de lésions cervicales
Dans leurs travaux, publiés dans la revue JAMA Oncology, l’équipe a donc voulu examiner le risque cardiovasculaire et les événements indésirables chez les jeunes adultes ayant des antécédents de lésions du col de l'utérus. Pour ce faire, elle a passé en revue les données des registres nationaux suédois sur le cancer couvrant la période de 1958 à 2021. Par la suite, les auteurs ont identifié 29.960 adolescentes et jeunes adultes âgées de 15 à 24 ans ayant reçu un diagnostic de lésions cervicales et les ont comparées à 149.606 personnes du même âge ne présentant aucune lésion. À partir d’un modèle mathématique conçu pour les recherches, les scientifiques ont tenté de déterminer si les femmes ayant des antécédents de lésions cervicales présentaient un risque accru de problèmes cardiaques par rapport au groupe témoin.
Les résultats statistiques ont montré que les participantes de moins de 25 ans atteintes de lésions cervicales présentaient un risque plus élevé de maladies cardiovasculaires, avec des risques particulièrement élevés d’infarctus du myocarde, d’insuffisance cardiaque et de maladie cérébrovasculaire. "Les antécédents familiaux augmentaient le risque si la mère et/ou le père présentaient un diagnostic de maladie cardiovasculaire." L'étude a également révélé que les femmes infectées par le VPH étaient plus susceptibles de fumer et d'être obèses, deux facteurs de risque connus de maladies cardiaques.
Lésions cervicales : le risque de décès par cancer est deux fois plus élevé chez les patientes
Au cours du suivi, 3,1 % des jeunes adultes atteintes d’une lésion intraépithéliale de haut grade du col de l’utérus et 2,1 % des patients dits témoins sont décédés. La mortalité toutes causes confondues et la mortalité cardiovasculaire étaient plus élevées chez les femmes présentant des lésions cervicales. "L’infarctus du myocarde et la mort subite cardiaque étaient les principales causes de décès, suivis du syndrome de détresse respiratoire aiguë et de la strangulation. La mortalité spécifique au cancer était rare, mais plus élevée chez les jeunes adultes atteints d’une lésion intraépithéliale de haut grade du col de l’utérus que chez les témoins. Les cancers incidents les plus fréquents après 5 ans étaient les cancers de la peau, du sein et du poumon, mais les tumeurs malignes gastro-intestinales représentaient la principale cause de décès liés au cancer dans les deux groupes", peut-on lire dans les recherches.
Selon les auteurs, ces données doivent être confirmées par des études complémentaires. En attendant, ils soulignent l'importance d'une vigilance clinique accrue concernant l'évaluation et la prévention du risque cardiovasculaire chez les femmes ayant des antécédents de lésions cervicales.



