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QUESTION D'ACTU

Histoire de patient

Son infection pulmonaire chronique était causée par un ver… logé dans son cerveau !

Après avoir cherché pendant de longs mois l’origine de l’infection d’une Australienne de 64 ans, les médecins ont découvert qu’elle avait un parasite, jamais observé chez l’Homme, dans son cerveau.

Son infection pulmonaire chronique était causée par un ver… logé dans son cerveau ! Sinhyu/istock




L'ESSENTIEL
  • Une femme a été à l'hôpital, car elle souffrait depuis trois semaines de douleurs abdominales, de diarrhée, d'une toux sèche persistante et des sueurs nocturnes.
  • Les médecins lui ont d'abord diagnostiqué une infection pulmonaire rare, appelée pneumonie à éosinophiles. Mais les traitements n'ont pas été efficaces.
  • Une IRM réalisée un an plus tard, a révélé qu'elle avait en fait un ver parasite dans le cerveau.

Douleurs abdominales, diarrhées, toux sèche persistante, sueurs nocturnes… voici les symptômes qui ont conduit une sexagénaire de Nouvelle-Galles du Sud (Australie) à l'hôpital en janvier 2021. Face à ce tableau clinique, les médecins ont d'abord diagnostiqué une infection pulmonaire rare… mais le cas s’est révélé un an plus tard encore plus surprenant.

Une infection pulmonaire qui persiste pendant des mois

L’infection était bien visible sur le scanner de la patiente. Les images montraient des zones opaques dans les poumons, signes d'une inflammation ou d'une infection, ainsi que la présence de liquide et de pus, note Live Science qui rapporte l'étude de cas. D’autres examens ont également révélé "des lésions, ou des zones de tissus endommagés, dans son foie et sa rate". L’analyse du liquide prélevé dans les poumons a montré des "taux exceptionnellement élevés d'éosinophiles, un type de globules blancs qui combattent les infections."

Ces différents éléments ont conduit les médecins à diagnostiquer une maladie pulmonaire rare, appelée pneumonie à éosinophiles. Toutefois, ils n’ont pas trouvé l’origine de l’infection. Si les symptômes ont diminué avec les traitements prescrits, ils n’ont pas disparu. Trois semaines plus tard, la femme de 64 ans est retournée à l’hôpital avec une toux et une fièvre. De plus, les lésions repérées sur ses organes n’avaient pas guéri malgré les médicaments.

De nouveaux tests ont été menés. Ils ont notamment montré que la patiente ne produisait pas d'anticorps contre divers parasites, comme les vers du genre Schistosoma ou les douves du foie Fasciola. L’équipe médicale les a alors soupçonnés d’être responsable des troubles de l’Australienne. Mais, aucune trace de ces derniers n’a été trouvée dans les échantillons de selles. Un traitement antiparasitaire a tout de même été prescrit, car la malade avait séjourné dans plusieurs pays à risque.

Un ver de 8 cm de long dans le cerveau

Les mois ont passé, mais les difficultés respiratoires de la senior ont persisté. Environ un an après sa première consultation, elle a commencé à développer des signes de dépression et à avoir des problèmes de mémoire. Les médecins ont alors prescrit une IRM cérébrale. Ce nouvel exam a permis de révéler la présence une lésion sur le lobe frontal droit. Une biopsie a été réalisée, peu après. L’équipe a découvert "une structure filiforme" à l'intérieur de la lésion. Il s’agissait d’un ver parasite. De couleur rouge vif, il mesurait 8 cm de long et 1 millimètre d'épaisseur.

"Les vétérinaires ont identifié l’helminthe (autre non des vers parasites, NDLR) comme étant une larve de troisième stade d’Ophidascaris robertsi, un nématode parasite originaire d’Australie", explique Live Science. Ce dernier est connu pour se reproduire à l’intérieur des pythons tapis (Morelia spilota). Toutefois, ses larves peuvent trouver place dans d’autres animaux. La maison de la patiente était dans une zone fréquentée par les serpents. La patiente ne se souvenait pas d’avoir été en contact avec l’un d’eux. Cependant, elle a reconnu qu’elle cueillait régulièrement des plantes sauvages pour les manger. Les auteurs de l’étude de cas ont avancé qu'elle avait probablement été infectée en touchant ou en consommant ces produits contaminés par des œufs d’Ophidascaris robertsi.

Ils soulignent également que ce cas est particulier, car aucune infection humaine par ce parasite n'avait jamais été documentée jusqu’à présent.

La découverte a aussi permis de soigner efficacement l’Australienne. "Six mois après l'opération et trois mois après la fin du traitement par dexaméthasone, les lésions pulmonaires et hépatiques de la patiente avaient disparu, son taux de globules blancs était normal et ses symptômes neuropsychiatriques s'étaient améliorés", précise Live Science.

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