17 millions de personnes souffrent de paralysie cérébrale dans le monde, selon la Fondation paralysie cérébrale. En France, 125.000 personnes sont concernées par cette maladie. Selon une étude, parue dans la revue spécialisée Stem Cell Research & Therapy, des cellules souches issues de dents de lait pourraient devenir une option thérapeutique.
Qu’est-ce que la paralysie cérébrale ?
La maladie est liée à des lésions cérébrales, apparues pendant la grossesse, l’accouchement ou dans les premiers mois après la naissance. Dans 40 % des cas, les causes exactes sont inconnues. "Ces lésions provoquent un ensemble de troubles du mouvement ou de la posture, souvent accompagnés de difficultés cognitives ou sensorielles, qui durent toute la vie", explique l’association. En effet, ces lésions sont irréversibles et il n’existe pas de traitement curatif de la maladie. En France, la paralysie cérébrale est la première cause de handicap moteur chez l’enfant.
Des cellules souches issues de dents de lait
Dans cette nouvelle étude, des chercheurs de l'hôpital universitaire de Nagoya, au Japon, se sont intéressés au traitement par cellules souches. Des travaux précédents avaient démontré qu’il pouvait restaurer certaines fonctions neurologiques lorsqu’il est administré rapidement après la naissance. L’équipe de scientifiques japonais a testé cette hypothèse sur des rats de laboratoire, tout en allongeant les délais d'administration du traitement. Ils se sont concentrés sur la paralysie cérébrale liée à une lésion appelée encéphalopathie hypoxique-ischémique (EHI), consécutive à une diminution de l'apport d'oxygène et de sang au cerveau.
L’équipe a utilisé des cellules souches prélevées sur des dents de lait humaines exfoliées, appelées SHED. "Ces cellules souches sont prélevées sur des dents de lait tombées naturellement et qui seraient autrement jetées, précise l’auteur principal de l’étude, Yoshiaki Sato, dans un communiqué. Cette méthode permet d'éviter les problèmes éthiques liés à d'autres sources de cellules souches."
Une amélioration des troubles moteurs et cognitifs
Dans leur essai, les chercheurs ont induit une lésion cérébrale hypoxique-ischémique chez des rats âgés de 7 jours, puis ils leur ont administré des cellules SHED à intervalles réguliers. Différents tests ont été réalisés, puis les résultats ont été comparés à ceux d’un groupe témoin. Les scientifiques ont constaté que le groupe traité avec les cellules souches avait tendance à moins chuter et obtenait de meilleurs résultats aux exercices d’apprentissage et de mémoire. "Ces résultats suggèrent que le traitement par SHED pourrait améliorer les troubles moteurs et cognitifs chez des rats atteints de paralysie cérébrale, même en phase chronique", concluent les auteurs.
Actuellement, l’équipe de l'hôpital universitaire de Nagoya mène une étude clinique pour évaluer "l'innocuité et la tolérance d'une dose unique de SHED administrée par voie intraveineuse chez des enfants atteints de paralysie cérébrale". Si les résultats sont bons, des essais à grande échelle, avec un suivi de long terme, pourrait être lancés afin de confirmer l’efficacité du traitement chez les enfants touchés par la maladie. "Notre objectif ultime est d'établir cette approche comme une nouvelle option de traitement pour les patients atteints de paralysie cérébrale et leurs familles", souligne Yoshiaki Sato.


