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TDAH de l'enfant : ces habitudes réduisent les risques… à condition de ne pas être trop sévère

Une étude montre que les familles qui ont adopté une routine familiale régulière signalent moins de problèmes de comportement et de symptômes de TDAH chez leurs enfants… à condition de ne pas être trop sévère ou agressif dans son application.

TDAH de l'enfant : ces habitudes réduisent les risques… à condition de ne pas être trop sévère Jacob Wackerhausen/istock




L'ESSENTIEL
  • Les parents ayant des routines familiales bien établies, ont signalé moins de problèmes de comportement et de symptômes de TDAH chez leurs enfants.
  • Toutefois, des pratiques parentales trop sévères réduisaient les bienfaits de ce planning familial structuré.
  • Les chercheurs recommandent de mettre en place un rituel du coucher régulier pour l'enfant incluant des activités apaisantes comme la lecture d'une histoire.

Heure du bain, devoirs, repas pris en commun, le brossage des dents, rituel du coucher… les routines aident les enfants à appréhender les règles et leur offrent une stabilité sécurisante. Toutefois, ce ne sont pas leurs seuls bénéfices. Des chercheurs ont constaté que les élèves qui suivent des plannings réguliers et précis à la maison, ont moins de problèmes de comportement et de symptômes de trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH). Cependant, des pratiques parentales sévères ou agressives – comme les cris ou les menaces – atténuent les bienfaits de ces habitudes familiales.

TDAH : une routine précise, mais pas trop sévère

Lors de cette étude, l’équipe a analysé les données de 999 familles rurales à faibles revenus de Caroline du Nord et de Pennsylvanie ayant participé à une très longue recherche. Elles avaient été recrutées à la naissance d'un enfant et suivies jusqu’à ses 19 ans. Les parents répondaient à plusieurs questionnaires tous les ans. Ils devaient entre autres décrire leurs pratiques parentales (cris, jurons, énervement, départ de la pièce…) ainsi que le comportement de l’enfant (agressivité, opposition, transgression des règles, symptômes du TDAH…). Ils étaient aussi interrogés sur l’existence de routines familiales, comme l’heure du coucher, les repas réguliers et l’organisation du quotidien. La flexibilité cognitive du père et de la mère - c'est-à-dire leur capacité à adapter leur raisonnement à une situation donnée ou évolutive - a également été mesurée au début de l’essai.

L’analyse des données recueillies montre que dans les familles où la routine était bien établie et les pratiques parentales sévères étaient peu fréquentes, moins de problèmes de comportement et de symptômes de TDAH étaient rapportés chez les enfants.
Dans les foyers où le degré de sévérité variait d’une année à l'autre, l’équipe a remarqué que les signes du trouble du neurodéveloppement étaient moindre lorsque les parents étaient moins durs.

Pour les chercheurs, les pratiques parentales sévères ont impacté négativement l'effet protecteur des routines familiales. "Les enfants vivant dans des foyers où les routines sont bien ancrées et où les pratiques parentales sont sévères présentent des niveaux de comportements problématiques similaires à ceux des enfants vivant dans des foyers où les routines sont peu présentes", ajoutent-ils dans un communiqué.

"Il faut instaurer des routines, mais il ne faut pas être trop rigide", explique Lisa Gatzke-Kopp, co-auteure de l'étude. "Je dis toujours que les deux choses les plus importantes pour être parent sont la constance et la flexibilité. Cela peut paraître contradictoire, mais ces résultats montrent que l'équilibre est essentiel."

"Les enfants cherchent à comprendre le monde qui les entoure, précise l’experte. Plus leur environnement est stable et rassurant, plus il leur est facile de rester calmes et de comprendre comment se comporter dans un nouveau contexte, comme l'école."

Routine familiale : que doit-elle contenir ?

La chercheuse Lisa Gatzke-Kopp a partagé quelques conseils pour établir une routine claire et rassurante pour la progéniture. Il faut un rituel de coucher cohérent qui comprend des activités apaisantes comme la lecture à l'enfant. Elle souligne également l'importance de partager des moments en famille réguliers, sans écrans ni contraintes. L’experte précise que les repas pris ensemble sont aussi des temps d’échange essentiels pour l’ensemble du foyer.

Mais il ne s’agit pas d’une formule miracle. "On ne peut pas supposer que si l’on instaure de bonnes routines, l’enfant aura un comportement parfait, prévient Lisa Gatzke-Kopp. De nombreux facteurs influencent les problèmes de comportement chez un enfant, et les habitudes et le style parental ne constituent qu'une partie de la solution. Chaque famille connaîtra un certain niveau de conflit."

"Il faut rassurer les parents : les comportements négatifs ne signifient pas que leur enfant a un problème. Et cela ne signifie pas non plus que les parents font quelque chose de mal", précise-t-elle.

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