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Cirrhose et alcool : comment l’abstinence peut réparer le foie

Une étude montre que l'arrêt total de l'alcool peut améliorer la cirrhose liée à l'alcool, même après de graves complications. Un tiers des patients constatent une récupération partielle du foie.

Cirrhose et alcool : comment l’abstinence peut réparer le foie Piero Insfran / istock




L'ESSENTIEL
  • Une étude internationale montre que l'arrêt total de l'alcool peut améliorer la cirrhose liée à l'alcool.
  • Environ un tiers des patients étudiés ont vu leurs complications disparaître.
  • L'abstinence durable apparaît comme le facteur clé pour améliorer la survie.

"Même après l'apparition de complications sévères, l'évolution de la cirrhose n'est pas forcément irréversible." Longtemps considérée comme une maladie au point de non-retour lorsqu'elle provoque de graves complications, la cirrhose du foie liée à l'alcool pourrait parfois s'améliorer. Une vaste étude internationale menée par la MedUni de Vienne, en Autriche, montre qu'une abstinence totale et durable peut permettre au foie de récupérer, même à un stade avancé.

Une récupération possible du foie

La cirrhose correspond à une cicatrisation progressive du foie. Dans les pays occidentaux, elle est souvent liée à une consommation excessive d'alcool et peut entraîner de sévères problèmes : accumulation de liquide dans l'abdomen, troubles neurologiques (comme une encéphalopathie), hémorragies digestives... En France, environ 150.000 personnes souffrent d'une cirrhose hépatique. Cinquième cause de mortalité dans le pays, la maladie est responsable de 15.000 décès par an.

Cette nouvelle recherche, publiée dans le Journal of Hepatology, a analysé l'évolution de 633 patients atteints de cirrhose liée à l'alcool. Les participants, suivis dans 17 centres spécialisés en Europe et en Asie, avaient tous commencé un sevrage de l’alcool après avoir développé de graves complications.

Contre toute attente, les chercheurs ont observé qu'environ un tiers des patients ont atteint ce que les spécialistes appellent une "recompensation". A savoir une disparition complète des complications liées au foie, mais également une amélioration de la fonction hépatique. "Nos données montrent clairement que même après l'apparition de complications sévères, l'évolution de la cirrhose n'est pas forcément irréversible", explique l'auteur principal de l'étude, le Dr Benedikt Hofer, dans un communiqué. D’après l’équipe, le facteur déterminant est l'arrêt complet de l'alcool, le plus tôt possible après l'apparition des complications. Le professeur Thomas Reiberger, coauteur de la recherche, souligne : "S'abstenir d'alcool peut non seulement stopper la progression de la cirrhose, mais chez de nombreux patients, cela peut même améliorer la maladie du foie."

Un impact majeur sur le pronostic

Les bénéfices du sevrage sur la survie sont considérables. Parmi les patients qui ont atteint cette "recompensation" et sont restés abstinents, aucun décès lié au foie n'a été enregistré pendant tout le suivi de l’étude. Le risque de cancer du foie était également nettement plus faible, tout comme la mortalité globale.

Pour les chercheurs, ces résultats rappellent l'importance des politiques de santé publique et des programmes d'accompagnement au sevrage alcoolique. A l’inverse, rappelle Benedikt Hofer : "Une rechute dans la consommation d'alcool aggrave considérablement le pronostic."

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