- D’après une récente étude de la HAS, 97 % des femmes interrogées considèrent que le questionnement systématique des violences conjugales est important et légitime.
- Seulement 5 % des répondantes déclarent avoir été directement interrogées par leur médecin généraliste sur d’éventuelles violences conjugales lors d’une consultation récente.
- Les résultats montrent que 17 % des patientes ont été sondées sur leur relation de couple, avec un taux plus élevé chez les femmes enceintes.
Depuis 2019, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande aux professionnels de santé de premier recours de demander à toutes leurs patientes si elles subissent ou ont subi des violences par le passé, même en l’absence de signes d’alerte. "L’enjeu est de faciliter la parole des victimes en normalisant le sujet, afin d’assurer une prise en charge plus précoce", peut-on lire un communiqué publié en 2023. Afin de mesurer l’évolution des pratiques des médecins généralistes dans le temps, l’autorité sanitaire a confié à l’institut d’études Verian la mise en œuvre d’un baromètre. "Les deux premières mesures (2022 et 2023) avaient montré que les patientes étaient très favorables à ce questionnement systématique, mais qu’il restait encore trop peu mis en œuvre", écrit-elle dans une publication sur LinkedIn.
Violences conjugales : 9 femmes sur 10 sont très favorables au questionnement systématique
Pour déterminer si la recommandation de la HAS concernant l’investigation systématique d’éventuelles violences subies en consultation est suivie en 2025, une nouvelle étude, menée auprès de 1.000 femmes françaises âgées de 18 ans, a été menée. Les participantes ont été interrogées par internet entre le 27 octobre et le 4 novembre 2025. Parmi elles, 876 ont consulté un médecin généraliste dans les 18 derniers mois et 1 femme sur 5 déclare subir ou avoir subi des violences (verbales, psychologiques, sexuelles, etc.) de la part de son partenaire. Selon les résultats, les patientes accueillent toujours très favorablement cette démarche. "Lorsque le sujet a été évoqué avec le médecin, les femmes décrivent que le sujet a été abordé sans détour ni brutalité, l’échange est perçu comme bienveillant." Dans le détail, 97 % des répondantes (tous profils confondus) considèrent ce questionnement comme une bonne chose. "Les femmes victimes de violences ont une perception encore plus encore plus positive : elles sont par exemple 89 % à le trouver rassurant et 72 % à le qualifier de source de soulagement."
Seules 5 % des femmes ont été interrogées par leur généraliste sur des violences conjugales
Côté dépistage, le questionnement sur les violences progresse, mais reste insuffisamment appliqué. En 2015, 1 femme sur 20 est directement questionnée sur ces violences par son médecin, contre 1 sur 33 en 2022. Bien qu’une augmentation de 67 % soit observée, "le sujet entre lentement dans les pratiques." D’après les résultats, la question de la relation avec le partenaire a été abordée avec 17 % des femmes (soit plus de 21 % par rapport à 2022). Les patientes (ayant été) enceintes déclarent davantage que ce sujet a été abordé avec elles, "ce qui pourrait indiquer que les médecins identifient mieux la grossesse comme une situation à risque, conformément aux recommandations de 2019." Seules 28 % des répondantes se souviennent avoir vu des ressources et informations sur ce sujet dans le cabinet médical, une proportion stable depuis 2022.
Face à ces données, la HAS rappelle que l’amélioration du repérage des violences est essentielle, car elle permettrait de mieux prendre en charge 2,5 fois plus de femmes.


