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Démence : comment la perte d’audition affecte votre cerveau

Une étude montre que la perte auditive liée à l’âge s’accompagne de changements dans le cerveau associés à une baisse des performances cognitives. Des résultats qui renforcent le lien entre audition et risque de démence.

Démence : comment la perte d’audition affecte votre cerveau Rawpixel / istock




L'ESSENTIEL
  • La presbyacousie s’accompagne d’un déséquilibre entre volume et activité cérébrale.
  • Ce phénomène est associé à des performances cognitives plus faibles.
  • Traiter précocement la perte auditive pourrait devenir un enjeu majeur de prévention.

La perte auditive, qui concerne plus de 65 % des personnes de 60 ans et plus selon l’Organisation mondiale de la santé, est considérée comme le principal facteur de risque modifiable de démence. Les mécanismes qui l'expliquent restent encore flous, mais dans une nouvelle étude publiée dans la revue eNeuro, des chercheurs ont montré que cette perte d’audition liée à l'âge - aussi appelée presbyacousie - n’affecte pas seulement la capacité à entendre : elle remodèle en profondeur certaines zones cérébrales. Ils ont mis en évidence un déséquilibre entre volume cérébral et activité neuronale chez les personnes qui en souffrent. Un déséquilibre associé à de moins bonnes performances cognitives.

Quand les oreilles influencent le cerveau

Les chercheurs de l’université Tiangong et de l’hôpital du Shandong, en Chine, ont examiné 110 adultes chinois âgés de 50 à 74 ans, dont 55 présentaient une presbyacousie. Grâce à l’imagerie cérébrale, ils ont calculé un "ratio fonctionnel-structurel" (RSF), un rapport entre l’activité neuronale spontanée et le volume de tissu cérébral. Résultat : un RSF plus faible dans certaines régions était corrélé à une audition plus altérée, une moins bonne reconnaissance de la parole et des scores cognitifs plus bas.

Dans le détail, le gyrus fusiforme gauche, impliqué dans la reconnaissance des visages et des voix, présentait à la fois une réduction de volume et une activité altérée. Un RSF plus bas dans cette zone était associé à de moins bons résultats aux tests de mémoire verbale. D’autres régions étaient également altérées : le précuneus droit, lié à la mémoire épisodique, le gyrus frontal supérieur médian gauche, impliqué dans l’attention et la vitesse de traitement, ou encore le putamen, région clé du langage.

Traiter la perte d’audition pour préserver le cerveau

Les auteurs, qui soulignent que leur recherche reste observationnelle, s’appuient sur l’hypothèse de la "privation sensorielle" : "La diminution des entrées auditives pourrait entraîner une réorganisation du cerveau", selon un communiqué. Dans certaines zones, l’activité augmentait malgré une perte de volume, signe d’une tentative de compensation - sauf que cette activité accrue ne suffisait pas à rétablir l’équilibre des fonctions.

Ces résultats renforcent les conclusions de la Commission Lancet 2017 sur la prévention de la démence, qui identifie la perte auditive comme principal facteur de risque modifiable à la quarantaine. Reste une question : traiter plus tôt la perte d’audition, par exemple avec des aides auditives, permettrait-il de préserver les fonctions cérébrales ? Des études plus poussées seront nécessaires pour le confirmer.

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