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Glycémie

Diabète : pourquoi vivre en haute altitude protège du diabète

Des chercheurs ont découvert pourquoi les risques de diabète sont moins élevés en haute altitude.

Diabète : pourquoi vivre en haute altitude protège du diabète Dmytro Kosmenko/istock




L'ESSENTIEL
  • Les personnes vivant en altitude présentent des taux de diabète inférieurs que celles habitant au niveau de la mer.
  • Des chercheurs ont découvert que les globules rouges agissent comme des éponges à glucose dans des conditions de faible oxygénation comme la haute montagne.
  • Cette découverte offre de nouvelles pistes pour le traitement du diabète.

Les personnes vivant en haute altitude ont un risque moindre de développer un diabète que les autres. Si le phénomène était bien connu des professionnels de santé, son origine restait très mystérieuse. Mais, des chercheurs de Gladstone Institutes ont réussi à le percer.

L’équipe a découvert que lorsque les globules rouges font face à des conditions de faible oxygénation - comme c'est le cas à la montagne - ils agissent comme des "éponges à glucose". Cette étude a été détaillée dans la revue Cell Metabolism

Le manque d’oxygène pousse les globules rouges à consommer beaucoup de sucre

Les chercheurs se sont interrogés sur l'impact de l’altitude sur la glycémie après avoir travaillé lors d’une étude précédente sur les conséquences de l’hypoxie (faible concentration d’oxygène) sur la santé. "Lorsque nous avons donné du sucre aux souris en situation d’hypoxie, celui-ci a disparu de leur sang presque instantanément", explique Dr Yolanda Martí-Mateos. "Nous avons examiné les muscles, le cerveau, le foie – tous les organes suspects habituels – mais rien dans ces organes ne permettait d’expliquer ce qui se passait."

Lors de ces travaux centrés sur la glycémie, les scientifiques ont observé des globules rouges à l’aide de l’imagerie. Ils ont remarqué que ces cellules étaient des "puits de glucose" non identifiés jusque-là. C’est-à-dire un élément qui absorbe et utilise une grande quantité de glucose provenant du sang.

La grande absorption de sucre par les globules rouges en altitude a été confirmée par des tests menés sur des rongeurs. Les souris - placées dans des environnements ayant peu d’oxygène - produisaient beaucoup plus de globules rouges. De plus, chacun d’entre eux absorbait davantage de glucose que les globules rouges produits dans des conditions d'oxygénation normale. "Dans des conditions de faible teneur en oxygène, le glucose est utilisé par les globules rouges pour produire une molécule qui aide les cellules à libérer de l'oxygène dans les tissus, une chose qui est nécessaire en excès lorsque l'oxygène est rare", précisent les auteurs dans leur communiqué.

"On considère généralement les globules rouges comme de simples transporteurs d’oxygène passifs. Or, nous avons constaté qu’ils peuvent être responsables d’une part importante de la consommation totale de glucose par l’organisme, notamment en cas d’hypoxie", ajoute le Dr Angelo d'Alessandro de l'Université du Colorado Anschutz Medical Campus qui a aussi collaboré à l’étude.

Diabète et faible oxygénation : vers un nouveau traitement ?

Après cette découverte, les chercheurs ont voulu savoir si une hypoxie chronique pouvait aider à lutter contre le diabète. Ils ont pour cela donné à des souris de l’HypoxyStat, un médicament mis au point par leur laboratoire pour reproduire les effets d'un air pauvre en oxygène et aider à lutter contre les troubles mitochondriaux.

Résultat : ce traitement a permis de faire baisser complètement la glycémie chez les rongeurs diabétiques avec "une efficacité supérieure aux traitements existants". "Il s’agit de l’une des premières applications d’HypoxyStat en dehors des maladies mitochondriales", ajoute la chercheuse Isha Jain. "Cela ouvre la voie à une approche fondamentalement différente du traitement du diabète, en mobilisant les globules rouges comme puits de glucose."

"Ce n'est que le début", précise l'auteure principale de l’étude. "Il reste encore beaucoup à apprendre sur la façon dont l'organisme s'adapte aux variations d'oxygène et sur la manière dont nous pourrions exploiter ces mécanismes pour traiter diverses pathologies."

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