- Les adultes avec déficience intellectuelle présentent des taux très élevés d’anxiété et de dépression.
- L’accès aux soins reste limité, malgré une couverture assurance.
- L’espérance de vie des personnes avec déficience intellectuelle est inférieure de 10 à 20 ans à celle de la population générale.
Autisme, trisomie 21, troubles du développement… Derrière ces réalités se cache une souffrance psychique massive et encore trop peu reconnue. Une étude publiée dans JAMA Network Open révèle que les adultes présentant une déficience intellectuelle ou développementale souffrent d’anxiété et de dépression à des taux largement supérieurs à ceux de la population générale.
Un tableau alarmant de la santé mentale
L’étude s’appuie sur les données 2021-2023 du National Health Interview Survey, enquête nationale menée par le National Center for Health Statistics aux États-Unis. Sur 44.000 adultes interrogés, 796 présentaient une déficience intellectuelle ou développementale probable, représentant environ 2,9 millions d’Américains.
Les résultats sont frappants : ces adultes sont neuf fois plus susceptibles de déclarer un diagnostic d’anxiété (56,8 % contre 10,6 %) ou de dépression (56,9 % contre 9,9 %) que leurs pairs. Près d’un sur deux (48,9 %) souffre d’anxiété quotidienne, contre 7,7 % dans la population générale, et 24,2 % rapportent une dépression quotidienne, contre 1,3 %.
"Nos résultats dressent un tableau alarmant de la santé mentale et de l’accès aux soins pour ces personnes aux États-Unis", déclare l’auteur principal, le Dr Dimitri Christakis, professeur de pédiatrie à la faculté de médecine de l’Université de Washington, dans un communiqué. "L’ampleur du fardeau est choquante".
Des soins inadaptés et trop coûteux
Malgré cette prévalence élevée, seuls 40 % des adultes concernés ont bénéficié d’un suivi psychothérapeutique au cours de l’année précédente. En revanche, 40 % ont reçu un traitement médicamenteux contre l’anxiété et 37 % contre la dépression, suggérant, selon les chercheurs, une dépendance excessive aux médicaments.
Les obstacles financiers sont majeurs : 17,4 % ont retardé une thérapie pour des raisons de coût (contre 3,4 %), et 18,6 % ont renoncé totalement aux soins (contre 3,2 %). "Avoir une assurance ne signifie pas automatiquement avoir accès aux soins", souligne Christakis. "Même avec une couverture, ces personnes font face à des frais importants et à des difficultés pour trouver des professionnels formés".
"Nous sommes conscients de la crise de santé mentale chez les adolescents américains. Il en existe aussi une qui touche les personnes avec déficiences intellectuelles et développementales", poursuit-il. Les auteurs rappellent que l’espérance de vie des personnes avec déficience intellectuelle est déjà inférieure de 10 à 20 ans à celle de la population générale.


