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Inflammation

«Ce n'est pas psychologique» : voici pourquoi les femmes sont plus touchées par les douleurs chroniques

Des chercheurs américains affirment que la différence de douleur entre les hommes et les femmes a une base biologique. Explications.

\ shurkin_son/iStock




L'ESSENTIEL
  • Chez les hommes, les monocytes, des cellules immunitaires qui aident à arrêter la douleur, sont plus actifs chez les hommes.
  • Chez les femmes, ces monocytes producteurs d’interleukine-10 (IL-10), contribuant à calmer les neurones douloureux, sont moins actifs, ce qui prolonge la souffrance.
  • Le même phénomène a été observé chez des souris.

"Ce n'est pas psychologique, ni une question de faiblesse." C’est ce qu’a déclaré Geoffroy Laumet, professeur de physiologie à l’université d’État du Michigan (États-Unis) face aux résultats de son étude portant sur un phénomène connu : les femmes ressentent fréquemment une douleur plus durable que les hommes, signe d'une guérison plus lente. Dans les travaux, le chercheur et son équipe a voulu identifier les mécanismes sous-jacents qui restent mal compris. Ils ont, dans un premier temps, rappelé que la douleur survenait lorsque des neurones répartis dans tout le corps sont activés par une stimulation. La plupart du temps, ils sont inactifs, mais ils s'activent, par exemple, lorsqu'on se cogne l'orteil ou que l’on tombe. "Chez les personnes souffrant de douleurs chroniques, ces récepteurs peuvent être activés par une légère stimulation, voire par aucune stimulation du tout. Les médecins se fient encore à l'évaluation de la douleur par les patients sur une échelle de 1 à 10. Lorsque davantage de femmes que d'hommes se plaignent de douleurs persistantes ou chroniques, cette différence est souvent attribuée à des problèmes de perception ou de déclaration."

Douleur chronique : des différences au niveau des monocytes

Pour les besoins des recherches, publiées dans la revue Science Immunology, les scientifiques ont utilisé une technique sophistiquée, appelée "cytométrie de flux spectrale à haute dimensionnalité", chez des femmes et des hommes. Ils ont découvert que les monocytes, longtemps considérés comme des cellules immunitaires (régulées par les hormones) sans fonction particulière, jouent un rôle essentiel et direct dans la communication avec les neurones sensoriels de la douleur en produisant de l’interleukine-10 (IL-10), une petite protéine produite par certaines cellules du système immunitaire pour réguler et calmer la réponse immunitaire. Dans le détail, après un traumatisme, un sous-ensemble de monocytes libère une molécule qui inhibe la douleur. Chez les hommes, les monocytes producteurs d'IL-10 étaient beaucoup plus nombreux et plus actifs chez les hommes que chez les femmes, en raison de taux plus élevés d’hormones sexuelles comme la testostérone. Ainsi, leur douleur se résorbait plus rapidement. Chez les femmes, l’activité des monocytes, dont le taux était faible, était moins important. Lorsque les auteurs ont bloqué les hormones sexuelles, les monocytes des hommes étaient, tout comme chez les femmes, moins actifs.

Vers des traitements entraînant une guérison plus rapide plutôt que simplement bloquer les signaux douloureux

Pour confirmer ces observations, les chercheurs ont réalisé au moins cinq types de tests sur des souris. À chaque fois, les résultats étaient identiques. "Cette étude montre que la résolution de la douleur n'est pas un processus passif. Il s'agit d'un processus actif, à médiation immunitaire. (…) Cela ouvre de nouvelles perspectives pour des thérapies non opioïdes visant à prévenir la douleur chronique avant même qu'elle ne s'installe", a précisé Geoffroy Laumet. Lors de futures recherches, il compte étudier comment des traitements pourraient cibler cette voie et stimuler la production d'IL-10.

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