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Casques audio, écouteurs : cachent-ils des substances toxiques ?

Une enquête menée dans le cadre d’un projet européen révèle présence de composés cancérigènes et reprotoxiques dans 81 modèles de casques et écouteurs.

Casques audio, écouteurs : cachent-ils des substances toxiques ?  seb_ra/iStock




L'ESSENTIEL
  • Une enquête, examinant 81 modèles de casques et d’écouteurs, montre que 100 % des produits contiennent des substances dangereuses, notamment des bisphénols, des phtalates et des retardateurs de flamme.
  • Ces composés sont connus pour altérer les fonctions du système endocrinien et classés comme cancérigènes et mutagènes.
  • Selon les scientifiques, même si la plupart des concentrations sont faibles, l’"effet cocktail" d’une exposition quotidienne à de multiples sources représente un risque grave à long terme pour la santé.

Pour écouter de la musique, un message vocal ou regarder une vidéo, notre premier réflexe est d’utiliser des écouteurs ou un casque. Problème : ces appareils, dont on peut se servir pendant des heures, contiennent des substances toxiques. C’est ce que suggère des scientifiques du projet européen ToxFree LIFE for All, appelé "Une vie sans toxines pour tous". Dans le cadre d’une enquête, nommée "Le son de la contamination", ces derniers ont passé au crible 81 modèles de casques audio et écouteurs, démontés en 180 échantillons de composants en plastique rigide et souple, populaires en Europe centrale et vendus sur des plateformes de vente en ligne comme Temu et Shein. L’équipe s’est concentrée à la fois sur les appareils sans fil (prédominants chez les adultes) et les modèles filaires (courants chez les enfants et dans le secteur du jeu vidéo). Leur objectif ? Détecter la présence de substances dangereuses, notamment les retardateurs de flamme bromés, les retardateurs de flamme organophosphorés, les paraffines chlorées, les phtalates et les bisphénols.

Des "perturbateurs endocriniens bien connus" dans les casques et les écouteurs

Verdict : 100 % des produits contenaient des substances dangereuses. "Bien que de nombreuses substances soient présentes à de faibles concentrations, nos résultats sont préoccupants car une part importante des substances détectées, dont les bisphénols, les phtalates et les nouveaux retardateurs de flamme bromés, sont des perturbateurs endocriniens bien connus", ont signalé les scientifiques. D’après les données, des bisphénols ont été détectés dans les 81 appareils examinés. Les concentrations maximales enregistrées ont atteint 351 mg/kg, dépassant largement la limite de 10 mg/kg proposée par l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA). "Il est à noter que les composants en plastique dur, qui ne sont pas en contact direct avec la peau, présentaient des concentrations plus élevées que les pièces en contact avec la peau."

Selon les chercheurs, ces perturbateurs endocriniens, dont l'existence est bien documentée, migrent probablement à partir de composants électroniques internes, notamment des résines époxy utilisées pour le collage structurel et l'isolation thermique. La migration du bisphénol A est accélérée par les milieux acides et les températures élevées, conditions fréquentes lors d'une utilisation quotidienne, par exemple, la pratique d’une active sportive et le contact cutané avec la transpiration.

Bisphénols, phtalates, retardateurs de flamme : un "effet cocktail" risqué pour le système hormonal

L’enquête souligne aussi l’omniprésence des retardateurs de flamme bromés et organophosphorés, avec des concentrations de triphénylphosphate, un perturbateur endocrinien connu, atteignant jusqu’à 1 424 mg/kg. Autre constat : environ 60 % des échantillons contenaient des traces de phtalates classés CMR (cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques). "Bien ces produits ne présentent pas de danger aigu ou imminent, les effets cumulatifs et synergiques d’une exposition chronique à ces substances chimiques constituent un risque à long terme pour la santé endocrinienne et la fertilité, limitant ainsi la liberté de choix du consommateur", ont souligné les scientifiques qui exigent que la protection des consommateurs soit abordée au niveau institutionnel.

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