- Toxoplasma gondii est le parasite à l’origine de la toxoplasmose, une infection le plus souvent asymptomatique.
- Cette infection parasitaire peut être grave chez les personnes immunodéprimées ou les femmes enceintes, avec des complications pour le fœtus.
- Dans une nouvelle étude, les scientifiques ont découvert que Toxoplasma gondii pouvait infecter les lymphocytes T mais que, grâce à une enzyme, les cellules immunitaires pouvaient s’autodétruire pour protéger l’organisme.
Environ 50 % de la population française est infectée par Toxoplasma gondii, un parasite à l’origine de la toxoplasmose, selon l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Cette infection parasitaire est le plus souvent asymptomatique, sauf chez les personnes immunodéprimées et les femmes enceintes, avec des complications pour le fœtus.
Les lymphocytes contaminés par Toxoplasma gondii s’autodétruisent…
Dans une nouvelle étude publiée dans la revue Science Advances, des chercheurs en ont appris davantage sur le comportement de Toxoplasma gondii dans notre cerveau. Une fois dans notre organisme, le parasite met en place une stratégie de survie consistant à infecter les cellules immunitaires chargées de le détruire, les lymphocytes T. Cette méthode est rusée mais, dans les faits, souvent inefficace grâce à un mécanisme que les scientifiques viennent d’identifier.
“Nous savons que les lymphocytes T jouent un rôle crucial dans la lutte contre Toxoplasma gondii, et nous pensions en connaître tous les mécanismes, explique Tajie Harris, l’une des auteures de l’étude, dans un communiqué. Les lymphocytes T peuvent détruire les cellules infectées ou inciter d'autres cellules à détruire le parasite. Nous avons découvert que ces mêmes lymphocytes T peuvent être infectés et, dans ce cas, choisir de mourir.”

… grâce à l’enzyme caspase-8
Lors de leurs travaux, les chercheurs ont découvert qu’en réponse à une infection par Toxoplasma gondii, les lymphocytes T étaient capables de s’autodétruire - et donc d'éliminer le parasite en même temps - pour protéger l’organisme. Ce mécanisme est rendu possible par caspase-8, une enzyme dont disposent les lymphocytes T.
“La mort de la cellule hôte signifie donc la fin de la partie pour le parasite, poursuit Tajie Harris. Comprendre comment le système immunitaire combat Toxoplasma gondii est important pour plusieurs raisons. Les personnes immunodéprimées sont vulnérables à cette infection, et nous comprenons désormais mieux pourquoi et comment nous pouvons aider les patients à la combattre.”
En laboratoire, les chercheurs ont mené des expériences sur des souris qui n’avaient pas de caspase-8 dans leurs lymphocytes T. Résultats : celles-ci ont développé des niveaux de Toxoplasma gondii dans leur cerveau bien plus élevés que les souris dont les lymphocytes T produisaient cette enzyme. Ces dernières sont restées en bonne santé alors que les premières ont développé une forme grave de la maladie et sont décédées.
À terme, cette étude pourrait permettre d’utiliser la caspase-8 comme solution thérapeutique pour limiter la prolifération de Toxoplasma gondii et ainsi sauver les patients les plus à risque d’une forme grave.


