- Des chercheurs ont créé un organoïde humain de moelle épinière capable de reproduire les effets de deux types fréquents de blessures : une lésion par coupure (une plaie) et une lésion par compression (accident ou chute).
- Ils ont ensuite testé une thérapie appelée “dancing molecules”, sous la forme d’une injection liquide.
- Résultats : les fibres nerveuses ont recommencé à pousser et la cicatrice a fortement diminué.
Près de 170 000 personnes sont victimes d’un traumatisme crânien ou de la moelle épinière chaque année en France, selon l’Institut du cerveau. Parmi elles, près de 10 000 conservent des handicaps à vie, notamment des paraplégies et des tétraplégies pour les cas de traumatismes de la moelle épinière.
Un organoïde de moelle épinière pour tester un traitement
Actuellement, les traitements sont limités. Ils ne permettent généralement pas de rétablir le fonctionnement de la moelle épinière, partie essentielle de notre système nerveux central. Mais la recherche avance et pourrait un jour y parvenir.
Une nouvelle étude, publiée dans la revue Nature Biomedical Engineering, vient de franchir une étape supplémentaire vers cet objectif. Lors de leurs travaux, les scientifiques ont créé un organoïde humain de moelle épinière, c’est-à-dire “une petite structure biologique en trois dimensions qui reproduit certaines fonctions d'un organe”, selon la définition de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).
“L'un des aspects les plus prometteurs des organoïdes est leur capacité à tester de nouvelles thérapies sur des tissus humains, explique Samuel I. Stupp, auteur principal de l'étude, dans un communiqué. En dehors d'un essai clinique, c'est le seul moyen d'atteindre cet objectif.”
Cet organoïde était capable de reproduire les effets de deux types de blessures fréquentes :
- une lésion par coupure, comme une plaie ;
- une lésion par compression, qui peut être occasionnée par un accident ou par une chute.
Les conséquences sur l’organoïde de ces deux types de lésions étaient la mort cellulaire et la formation de cicatrices gliales. Ces dernières sont un amoncellement de cellules gliales autour de la lésion pour la protéger, mais qui empêche dans le même temps la repousse des fibres nerveuses et limite donc la récupération.
“Nous avons donc décidé de développer deux modèles de lésions différents dans un organoïde de moelle épinière humaine et de tester notre thérapie afin de vérifier si les résultats étaient similaires à ceux observés précédemment chez l'animal”, détaille Samuel I. Stupp, qui est aussi l’inventeur de ce nouveau traitement appelé “dancing molecules”.
Les fibres nerveuses repoussent et la cicatrice gliale diminue
Dans de précédents travaux, les “dancing molecules” ont obtenu de très bons résultats. En une seule injection, administrée 24 heures après une blessure grave, le traitement a permis à des souris de remarcher en quatre semaines seulement.
Chez l’humain, ou plutôt sur l’organoïde humain, les scientifiques ont également obtenu des résultats encourageants. Après injection des “dancing molecules”, les fibres nerveuses de la moelle épinière ont recommencé à pousser et la cicatrice gliale a fortement diminué. En parallèle, l’inflammation reculait.
“Ceci confirme que notre thérapie a de fortes chances de fonctionner chez l'humain”, assure Samuel I. Stupp. Néanmoins, avant une application chez l’Homme, d’autres études seront nécessaires pour vérifier l’efficacité et l’absence d’effets secondaires des “dancing molecules”.


