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QUESTION D'ACTU

Aliments ultra-transformés

Malbouffe : ces messages express peuvent vous en protéger

Des publicités anti-malbouffe, notamment des formats courts et positifs, peuvent réduire les envies compulsives d’aliments ultra-transformés. Et ainsi réduire les risques liés à leur consommation excessive.

Malbouffe : ces messages express peuvent vous en protéger Georgii Boronin / istock




L'ESSENTIEL
  • Une étude australienne montre que certaines publicités anti-malbouffe réduisent les envies immédiates de consommation.
  • Les messages courts de 15 secondes peuvent être plus efficaces que les formats longs.
  • L’impact varie selon l’IMC et la manière dont le message est formulé.

Et si quinze secondes suffisaient à freiner vos pulsions de consommation ? Des chercheurs de l’Edith Cowan University (ECU), en Australie, affirment qu’un message de prévention très court pourrait réduire les envies immédiates et irrépressibles (le "craving") de nourriture ultra-transformée. Publiée dans le Health Promotion Journal of Australia, cette étude montre que certaines campagnes express anti-malbouffe diminuent les intentions de consommation, et sont parfois plus efficaces qu’un spot publicitaire classique de trente secondes.

Une réduction des envies compulsives de malbouffe

Dirigée par le Dr Ross Hollett, l’équipe de scientifiques a voulu comprendre comment la durée et la formulation des messages influencent le comportement des adultes. "La publicité pour la malbouffe en Australie reste largement non réglementée, malgré d’importantes préoccupations de santé publique, souligne le chercheur dans un communiqué. Nous voulions comprendre ce qui se passe réellement dans les moments qui suivent l’exposition à ces publicités."

Les chercheurs ont exposé 505 Australiens, sélectionnés aléatoirement, à une publicité pour de la malbouffe ou, au contraire, à une publicité de prévention. Les participants ont ensuite évalué leurs envies immédiates et leurs intentions de consommer. Les résultats ont été analysés selon l’indice de masse corporelle (IMC) : poids normal (18,5–25), surpoids (25+) ou obésité (30+).

Surprise : une seule publicité pour un aliment ultra-transformé, gras ou sucré, n’a pas significativement augmenté les envies, même lorsque les produits présentés étaient appréciés. En revanche, les campagnes anti-malbouffe ont réduit les envies et les intentions de consommation dans tous les groupes de volontaires.

L’importance du ton et du format de la publicité

L’efficacité dépend toutefois du message. Chez les personnes ayant un IMC normal, un spot anti-malbouffe de 15 secondes s’est révélé plus efficace qu’une version de 30 secondes. "Pour certains spectateurs, un message court et percutant peut avoir un impact immédiat plus fort qu’une publicité plus longue", explique le Dr Hollett. Par ailleurs, chez les personnes en surpoids ou obèses, les messages qui encourageaient positivement des choix alimentaires sains se sont montrés plus efficaces que ceux critiquant la malbouffe. "Cela suggère que des messages formulés de manière positive peuvent davantage résonner auprès des populations présentant des risques sanitaires plus élevés", précise le chercheur.

Bourrés de sucre, de sel, de graisses et d’additifs, les aliments ultra-transformés, qui représentent 35 % des apports caloriques en France et jusqu’à 60 % aux Etats-Unis, posent un enjeu sanitaire majeur. Dans une analyse de 104 études, l’Inserm rappelait récemment que leur consommation était associée à une hausse du risque de maladie de Crohn (+90 %), d’obésité (+21 %), de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires, de dépression (+23 %) et de cancer colorectal. "Parmi ces travaux, quatre-vingt-douze indiquent une association entre la consommation d’aliments ultra-transformés et le risque de maladie", souligne le rapport.

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