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Vapotage en voiture : comment le Royaume-Uni veut en protéger les enfants

Le gouvernement britannique veut interdire le vapotage dans les voitures transportant des mineurs et aux abords des écoles ou hôpitaux. Un projet qui relance le débat sur les risques de la cigarette électronique pour la santé.

Vapotage en voiture : comment le Royaume-Uni veut en protéger les enfants Kurgu128 / istock




L'ESSENTIEL
  • Le Royaume-Uni envisage d’interdire le vapotage en voiture avec des mineurs et dans plusieurs espaces publics.
  • Les autorités invoquent les risques du tabagisme passif et les effets de la nicotine sur le cerveau des jeunes.
  • Le projet doit encore être soumis à consultation.

Le gouvernement britannique durcit le ton contre le tabac et la cigarette électronique. Dans un nouveau plan de santé publique soumis à consultation depuis le 13 février et jusqu’au 8 mai, les ministres proposent d’interdire, au même titre que la cigarette, le vapotage dans les voitures transportant des mineurs, mais aussi dans les aires de jeux, aux abords des écoles et devant les hôpitaux. Objectif affiché : protéger les plus vulnérables des effets du tabagisme passif et de la vapeur des e-cigarettes.

"Mieux vaut prévenir que guérir"

Au Royaume-Uni, après l’interdiction des cigarettes électroniques jetables (les "puffs") entrée en vigueur en mai dernier, l’exécutif veut donc aller plus loin, rapportent les journaux d'outre-Manche comme The Sun. Toute voiture transportant un enfant de moins de 18 ans serait concernée, dans la lignée du Children and Families Act 2015 qui prohibe déjà le tabac dans ces conditions. Ce n’est pas tout : les lieux intérieurs où fumer est interdit, comme les bureaux ou les transports publics, deviendraient totalement "vape-free" et "heated tobacco-free" ("sans vapotage" ni "tabac chauffé").

Le ministre de la Santé, Wes Streeting, a justifié ces mesures : "Aucun enfant dans une aire de jeux ni aucun patient à l’hôpital ne devrait souffrir parce que quelqu’un d’autre choisit de fumer". Il rappelle que "le tabagisme passif augmente le risque de maladies cardiaques et de cancer du poumon" et affirme que "mieux vaut prévenir que guérir". Le professeur Sir Chris Whitty, Chief Medical Officer pour l’Angleterre dans le gouvernement britannique, prévient : "Les personnes qui ne fument pas mais qui sont exposées au tabagisme passif peuvent subir des effets nocifs importants sur leur santé". Il souligne que les enfants, les femmes enceintes et les personnes malades sont les plus exposés.

Nocif pour le cerveau, le cœur et les poumons

Les cigarettes électroniques ont longtemps été présentées comme des outils de sevrage, mais leur innocuité est aujourd’hui questionnée. Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), la principale agence de santé aux Etats-Unis, alertent : la nicotine peut perturber le développement cérébral jusqu’à 25 ans, affectant l’attention, l’apprentissage et le contrôle des impulsions. L’American Heart Association, de son côté, estime que le vapotage est "aussi nocif pour le système cardiovasculaire que les cigarettes". Des chercheurs américains signalent aussi un risque accru de bronchite et d’essoufflement chez les jeunes vapoteurs, et même un risque de caries.

En France aussi, le vapotage est controversé. Dans un récent rapport, basé sur l'analyse de 3.000 études, l’Anses a tiré la sonnette d’alarme sur les risques cardiovasculaires, respiratoires et cancérogènes du vapotage, et recommande d’en faire une aide transitoire uniquement pour arrêter de fumer. Mais la cigarette électronique séduit aujourd'hui plus de 3 millions d’utilisateurs quotidiens, selon le Baromètre de Santé publique France 2024. Et une enquête OpinionWay pour l’Anses en 2023 révèle que plus de 50 % des 13-17 ans "vapoteurs" ou des femmes enceintes "vapoteuses" la consomment chaque jour.

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