- La diméthyltryptamine est un des composés psychoactifs de l’ayahuasca.
- Les chercheurs ont découvert qu'il peut aider à réduire les symptômes de la dépression.
- Les effets d'une seule dose peuvent perdurer pendant trois mois.
L’ayahuasca est une préparation hallucinogène au cœur de plusieurs rituels ou soins d'ethnies d’Amérique centrale. C’est l’un de ses composés psychoactifs, la diméthyltryptamine (DMT), qui a particulièrement intéressé les chercheurs de l’Imperial College de Londres. En l’étudiant, ils ont découvert qu’une dose unique de DMT permet de réduire les symptômes de la dépression.
Diméthyltryptamine : une réduction des symptômes dépressifs jusqu’à trois avec une dose
Lors de l’essai 34 patients souffrant de dépression depuis 10,5 ans en moyenne ont été répartis en deux groupes. Le premier recevait la substance active par intraveineuse tandis que l’autre avait un placebo. Deux semaines après l’administration du traitement, les personnes ayant eu le DMT ont montré une réduction significativement des symptômes dépressifs par rapport aux autres. Après ce premier volet, il était proposé aux volontaires de revoir une deuxième dose. Les analyses ont alors montré que les effets antidépresseurs persistent jusqu'à trois mois, aussi bien avec une seule dose que deux.
Les chercheurs notent également que les événements indésirables relevés pendant l’expérience étaient "principalement légers à modérés". Il s’agissait de douleurs au site de perfusion, des nausées et une anxiété transitoire. Aucun effet indésirable grave ne s'est produit.
Des résultats prometteurs, mais qui doivent être approfondis
Autre atout selon les auteurs de l'étude parue dans Nature : la diméthyltryptamine est un psychédélique sérotoninergique à apparition rapide et de courte durée. C’est-à-dire qu’il faut peu de temps pour que sa concentration dans le sang diminue de moitié après l’administration. Selon les chercheurs, lorsqu’il est pris par voie intraveineuse, il reste environ 5 minutes dans l’organisme. Cette propriété permettrait de proposer des thérapies courtes.
Ainsi, pour l’équipe, la diméthyltryptamine pourrait être une solution prometteuse sûre et bien tolérée, notamment pour les patients qui ne répondent pas aux antidépresseurs actuellement sur le marché.
Toutefois, si ces résultats sont prometteurs, des experts appellent à la prudence après la publication de la recherche. Interrogé par Euronews, James Stone, professeur de psychiatrie à la Brighton and Sussex Medical School, prévient : "en termes de sécurité, il peut exister un risque d’expériences négatives pendant l’épisode psychédélique, susceptibles d’être effrayantes ou traumatisantes". Cet expert précise que certains groupes de personnes pourraient être plus vulnérables à ce type d’effets. Des études plus complètes et poussées sont nécessaires avant de proposer ce composé aux patients.



