- Aux Jeux de Milano Cortina 2026, l’altitude expose les athlètes au risque d’hypoxie.
- Le manque d’oxygène peut provoquer le mal des montagnes et altérer la performance.
- Mieux comprendre ces mécanismes permet de prévenir blessures et accidents.
Aux Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina, luttent contre l’altitude elle-même, sur les sommets des Dolomites, où plusieurs épreuves se dérouleront à plus de 1.800 mètres et jusqu’à 3.244 mètres, la raréfaction de l’oxygène est un défi physiologique majeur pour certains athlètes. Avec un risque majeur, l’hypoxie, rappellent des experts en médecine extrême de la Northeastern University (Etats-Unis) et de World Extreme Medicine .
L’altitude, un stress pour l’organisme
A mesure que l’on grimpe, la pression atmosphérique diminue et l’oxygène se fait plus rare. "En altitude, il y a moins d’oxygène à chaque respiration en raison de la baisse de la pression atmosphérique, ce qui signifie que moins de molécules d’oxygène atteignent vos poumons", explique Joshua Merson, professeur clinicien associé et directeur du programme de médecine extrême à la Northeastern University. Le corps compense : "Votre organisme réagit en respirant plus vite ou plus profondément, et votre fréquence cardiaque augmente pour pomper davantage de sang oxygéné".
Mais si l’ascension est trop rapide, "les systèmes commencent à se dérégler", prévient-il. Le manque d’oxygène, appelé hypoxie, déclenche une réponse inflammatoire pouvant perturber la régulation de la pression artérielle et provoquer des fuites de liquide dans l’organisme. Les symptômes du mal aigu des montagnes – maux de tête, nausées, fatigue – ressemblent à ceux d’une gueule de bois, mais peuvent évoluer vers des complications graves.
Distinguer stress bénéfique et signaux d’alerte
L’histoire olympique rappelle les risques. Lors des Jeux de Mexico en 1968, organisés à 2.250 mètres d’altitude, le coureur australien Ron Clarke s’était effondré après le 10.000 mètres. La nageuse américaine Suzy Jones avait également souffert lors de son entraînement en altitude. "La condition physique ne protège pas nécessairement du mal des montagnes", souligne Joshua Merson, ajoutant que "la génétique peut aussi jouer un rôle".
Sur le terrain, les cliniciens surveillent donc les signes discrets : "L’extraverti habituellement bavard devient silencieux. L’athlète entraîné se met à respirer fortement sur terrain plat", décrit Merson. Autant d’indices précoces avant que les symptômes classiques n’apparaissent. "Comprendre l’hypoxie aide les athlètes à distinguer un stress bénéfique des signaux d’alerte, ce qui réduit les blessures et l’épuisement tout en soutenant la performance à long terme", explique Sarah Spelsberg, directrice des opérations américaines de World Extreme Medicine.


