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Santé mentale

Adolescents : la pression scolaire pourrait favoriser la dépression

Selon une nouvelle étude, la pression scolaire subie à 15 ans serait associée à un risque plus important de dépression et d’automutilation chez les adolescents et ce, pour plusieurs années. 

Adolescents : la pression scolaire pourrait favoriser la dépression monkeybusinessimages/iStock




L'ESSENTIEL
  • La pression scolaire à 15 ans pourrait augmenter le risque de dépression et d’automutilation chez les adolescents.
  • Selon une nouvelle étude, les effets de la pression scolaire pourraient durer jusqu’à l’âge adulte.
  • Pour protéger la santé mentale des adolescents et futurs adultes, les chercheurs recommandent de réduire le stress académique.

Pour certains, l’école est un véritable plaisir. Mais pour d’autres, l’institution peut être source d’angoisse et d’anxiété. Chez les adolescents, si ce sentiment persiste, il faut y être particulièrement vigilant. Selon une nouvelle étude, publiée dans la revue The Lancet Child & Adolescent Health, la pression scolaire pourrait favoriser la dépression et l’automutilation, et ce, pour plusieurs années. 

Une forte pression scolaire augmente le risque de dépression

Ces dernières années, les taux de dépression ont augmenté chez les jeunes au Royaume-Uni et dans d’autres pays, et la pression scolaire semble également s’accroître, souligne Gemma Lewis, auteure principale de l’étude, dans un communiqué. Les jeunes indiquent que cette pression est l’une de leurs principales sources de stress. Une certaine pression pour réussir à l’école peut être motivante, mais une pression excessive peut être accablante et nuire à la santé mentale.

Pour mieux comprendre le lien entre dépression et pression scolaire, les chercheurs ont étudié les données de 4.714 adolescents issus de l’étude de cohorte portant sur des parents et leurs enfants nés dans le sud-ouest de l’Angleterre, en 1991 et en 1992. Plus précisément, ils ont analysé leurs réponses à des questionnaires, à l’approche d’examens importants, lorsqu’ils étaient âgés de 15 ans. Parmi les questions, il y avait notamment l’importance qu’ils attachaient à la réussite de ces épreuves, la pression familiale ressentie ou encore l’inquiétude par rapport aux devoirs. En parallèle, les chercheurs ont aussi mesuré les symptômes dépressifs jusqu’à 22 ans et l’automutilation jusqu’à 24 ans, toujours via ces questionnaires.

Nous avons constaté que les jeunes qui se sentaient davantage sous pression scolaire à l’âge de 15 ans présentaient par la suite des niveaux plus élevés de symptômes dépressifs, et ce pendant plusieurs années à l’âge adulte”, explique Gemma Lewis. Ces symptômes dépressifs étaient visibles à chaque étape de leur parcours scolaire.

Le stress académique peut augmenter le risque d'automutilation jusqu'à 24 ans

Même constat pour l’automutilation : la pression scolaire à 15 ans augmentait le risque jusqu’à l'âge de 24 ans. Dans le détail, chaque augmentation d'un point sur une échelle de neuf points mesurant la pression scolaire à l'âge de 15 ans était associée à une augmentation de 8 % du risque d'automutilation.

Face à ces résultats, les chercheurs recommandent de réduire le stress académique sur les adolescents afin de préserver leur santé mentale. Ce conseil est valable pour les professeurs, les parents ainsi que les décideurs politiques afin qu’ils orientent les politiques publiques dans ce sens. 

À l’avenir, les scientifiques comptent poursuivre leurs recherches avec des données plus récentes. Celles utilisées pour cette étude comprenaient des jeunes qui avaient 15 ans entre 2006 et 2007, ce qui ne correspond plus vraiment à la réalité des adolescents d’aujourd’hui.

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