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QUESTION D'ACTU

Préhension

Et si votre poignée de main prédisait votre longévité ?

Une étude révèle qu’une simple mesure de la force de préhension pourrait prédire le risque de décès chez les femmes âgées, indépendamment de leur niveau d’activité physique.

Et si votre poignée de main prédisait votre longévité ? Jacob Wackerhausen / istock




L'ESSENTIEL
  • Une étude sur 5.500 femmes âgées montre que la force de préhension prédit la longévité.
  • Les participantes les plus fortes avaient 33 % de risque de décès en moins.
  • Le renforcement musculaire pourrait devenir un outil clé de prévention.

Un nouveau baromètre pour anticiper votre longévité ? Une vaste étude menée auprès de près de 5.500 femmes âgées de 63 à 99 ans suggère qu’un indicateur simple, la force de préhension, pourrait prédire l'espérance de vie. La recherche, publiée dans le JAMA Network Open, montre que les femmes ayant la poigne la plus ferme présentaient un risque de décès réduit d’environ 33 % par rapport à celles ayant la plus faible force musculaire. Et ce, même lorsqu’elles ne respectaient pas les recommandations d’activité physique.

Pourquoi la force du haut du corps compte autant

Entre 2012 et 2014, des chercheurs se sont rendus au domicile des participantes. Chacune devait serrer un dynamomètre, un appareil mesurant la force en kilogrammes, puis réaliser cinq levers de chaise sans les bras. Les femmes ont également porté pendant sept jours un accéléromètre, c’est-à-dire un capteur placé sur la hanche enregistrant objectivement tous les mouvements. Huit ans plus tard, près de 2.000 décès avaient été recensés. Même après prise en compte de l’âge, du tabagisme, des maladies chroniques, du poids ou encore du niveau d’activité mesuré, le lien persistait : la force de préhension restait associée à une meilleure survie, indépendamment de la marche ou de la vitesse de déplacement.

La force musculaire ne sert pas qu’à porter des courses, selon l'étude repérée par StudyFinds. Les muscles squelettiques remplissent pléthore de fonctions : ils stockent le glucose, régulent le métabolisme et communiquent avec d’autres organes. Et une faiblesse musculaire peut signaler des troubles hormonaux, inflammatoires ou énergétiques. Les auteurs de l’étude ont d’ailleurs mesuré la protéine C-réactive, marqueur d’inflammation, qui était plus élevée chez les femmes décédées (même si elle n’expliquait pas à elle seule le lien entre force et mortalité).

Contrairement au test du lever de chaise, davantage lié à la fatigue globale, la poigne semblait refléter une qualité musculaire plus essentielle, selon l'étude. A noter enfin que, bonne nouvelle, l’association restait valable chez les femmes utilisant une canne ou ne pratiquant pas les 150 minutes d’exercice hebdomadaires recommandées.

Un levier efficace contre le vieillissement

Selon les auteurs, intégrer un test de force de préhension dans les contrôles médicaux de routine, comme celui mesurant la tension artérielle, pourrait permettre d’identifier précocement les personnes à risque. Avec l’âge, la masse et la puissance musculaires diminuent rapidement, surtout après 60 ans. Mais il faut rappeler que les muscles répondent à l’entraînement à tout âge, même après 80 ou 90 ans. Les recommandations actuelles préconisent un renforcement musculaire au moins deux fois par semaine, même s'il reste moins populaire que la marche. Nul besoin d'aller à la salle ou de porter des charges lourdes : bandes élastiques, haltères légers ou exercices au poids du corps offrent toutes sortes de possibilités, y compris pour les femmes souffrant d’arthrite ou de problèmes cardiaques.

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