- L’hormonothérapie de la ménopause n’est pas associée à une hausse de la mortalité.
- L'analyse de la durée d'utilisation n'a révélé aucune augmentation du risque de décès, même après 10 ans ou plus d'utilisation.
- Chez les femmes ayant subi une ovariectomie bilatérale entre 45 et 54 ans, celles suivant un traitement hormonal de la ménopause présentent un risque de mortalité inférieur de 27 à 34 %.
Bouffées de chaleur, troubles du sommeil, fatigue, irritabilité… Pour soulager ces symptômes de la ménopause, les femmes concernées peuvent suivre un traitement hormonal, qui vise à pallier la carence en hormones sexuelles (estrogènes et progestérone) présente lors de cette période de leur vie marquée par l'arrêt de l'ovulation et la disparition des règles. En raison de préoccupations liées à son innocuité et au risque de mortalité, son utilisation a diminué de façon constante au cours des dernières années. Afin d’évaluer si l’hormonothérapie augmente le risque de mortalité, des chercheurs de l’université de Copenhague (Danemark) ont réalisé une étude.
Ménopause : pas de lien entre hormonothérapie et mortalité
Dans le cadre des travaux, les auteurs ont utilisé les registres nationaux danois afin de suivre les femmes nées entre 1950 et 1977 et âgées de 45 ans à l'âge de 45 ans. Au total, 876.805 patientes, ne présentant pas d’antécédents de thrombose, de maladie hépatique, de cancer du sein, de l'utérus ou des ovaires, ayant déjà suivi un traitement hormonal de la ménopause ou ayant subi une ablation des deux ovaires, ont été recrutées. Parmi elles, 104.086 ont bénéficié d'une prescription d'hormonothérapie de la ménopause. D’après les données, 41.433 l'ont utilisé pendant moins d'un an, et seulement 7.337 pendant dix ans ou plus. Le suivi a débuté au 45ème anniversaire de chaque participante et s'est terminé le 31 juillet 2023. Pour évaluer le risque de décès, l’équipe a pris en compte l'âge, le niveau d'études, le niveau de revenu, le pays de naissance, le nombre d'enfants, le diabète, l'hypercholestérolémie, l'hypertension, la fibrillation auriculaire, les valvulopathies, l'insuffisance cardiaque et le nombre d’hospitalisations (au moins trois) entre 44 et 45 ans.
La mortalité n'est pas significativement plus élevée chez les femmes traitées par hormonothérapie
Selon les résultats, parus dans la revue The BMJ, 47.594 volontaires sont décédées, au cours du suivi d’environ 14 ans. Sans tenir compte des facteurs influents, le risque de mortalité toutes causes confondues chez les femmes ayant bénéficié d’une hormonothérapie de la ménopause était de 54,9 décès pour 10.000 personnes-années, contre 35,5 décès pour 10.000 chez les patientes n'ayant jamais suivi ce traitement. Cependant, après avoir pris en compte des facteurs influents, aucune différence significative du risque de décès n'a été observée entre les groupes. "L’analyse selon la durée cumulée d'utilisation du traitement hormonal de la ménopause a donné un rapport de risque ajusté de 1,01 après moins d'un an de traitement, de 0,94 après 1 à 2,9 ans de traitement, de 0,90 après 3 à 4,9 ans de traitement, de 0,89 après 5 à 9,9 ans de traitement et de 0,98 après 10 ans ou plus de traitement", peut-on lire dans les travaux.
Un risque de décès inférieur de 27 à 34 % chez les patientes ayant subi une ovariectomie bilatérale
Les scientifiques ont observé que les participantes ayant subi une ovariectomie bilatérale entre 45 et 54 ans pour des raisons non cancéreuses ont bénéficié d'une amélioration significative de leur survie grâce à un traitement hormonal de la ménopause, avec un risque de décès inférieur de 27 à 34 % à celui des femmes du même groupe n'ayant pas suivi de traitement hormonal. "S'agissant d'une étude observationnelle, aucune conclusion définitive ne peut être tirée quant à la relation de cause à effet. Néanmoins, il s'agit d'une étude de grande envergure, basée sur un dossier quasi complet et un suivi de près d'une génération de femmes. Les résultats sont restés globalement inchangés après des analyses complémentaires, ce qui suggère leur robustesse", a conclu l’équipe.



