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Prévention

Dépistage du cancer : le fort impact des inégalités sociales

Une étude nationale révèle d’importantes inégalités sociales dans le recours au dépistage des cancers du sein, colorectal et du col de l’utérus. Les plus modestes restent moins nombreux à participer aux programmes de prévention.

Dépistage du cancer : le fort impact des inégalités sociales yacobchuk / istock




L'ESSENTIEL
  • Les inégalités sociales influencent le recours au dépistage des cancers en France.
  • Les plus modestes participent nettement moins aux programmes organisés.
  • Ces inégalités ne s’expliquent pas uniquement par l’argent : l’information et le rapport aux soins jouent un rôle clé.

Les inégalités sociales continuent de peser lourd sur la prévention du cancer. Selon une récente étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) portant sur la période 2017-2020, les Français "les plus modestes ont moins souvent recours que les plus favorisés" au dépistage des cancers du sein, colorectal et du col de l’utérus. Malgré des programmes nationaux intégralement pris en charge par l’Assurance Maladie, des écarts persistants subsistent.

Des écarts marqués selon les revenus

Pour le cancer colorectal, le dépistage organisé des 50-74 ans est deux fois plus fréquent chez les 10 % les plus aisés que chez les 10 % les plus modestes : 31 % contre 16 %. Les femmes y participent légèrement plus que les hommes (28,6 % contre 26 %). Concernant le cancer du sein, la participation "augmente tout au long de l’échelle de niveau de vie", passant de 42 % chez les plus modestes à 67 % chez les plus aisées. Même avant 50 ans, les mammographies et échographies sont plus fréquentes parmi les catégories favorisées.

Même constat pour le cancer du col de l’utérus : les femmes les plus aisées recourent 1,6 fois plus au dépistage organisé que les plus modestes. La vaccination préventive contre le papillomavirus illustre aussi ces disparités : les adolescentes du dixième le plus aisé sont 1,8 fois plus nombreuses à avoir un schéma complet à 16 ans.

Ces inégalités ne s’expliquent pas uniquement par l’argent. Les auteurs du rapport évoquent des "coûts directs ou anticipés du dépistage et de ses suites" mais aussi "des freins liés à l’information et au rapport aux soins : moindre familiarité avec les recommandations, distance sociale aux professionnels, représentations défavorables des examens ou du pronostic". Les personnes en situation de handicap ou souffrant de troubles psychiques peuvent même rencontrer des obstacles supplémentaires.

Renforcer la prévention pour tous

En France, hors Mayotte, l’Assurance Maladie adresse pourtant régulièrement des invitations aux populations concernées. Mais recevoir un courrier ne suffit pas toujours à franchir le pas. Mieux informer, accompagner et adapter les messages aux publics les plus éloignés du système de santé apparaît donc essentiel. Comme le conclut la Drees, "des actions complémentaires restent nécessaires pour toucher les populations les moins disposées à la prévention".

Face à la hausse du coût de la vie, la santé devient parfois une dépense ajustable. Selon une récente enquête menée par la marque de bien-être intime INTIMINA auprès de 3.000 femmes en France, en Espagne et au Royaume-Uni, 40 % déclarent repousser leurs soins pour des raisons financières. Une femme sur deux affirme avoir déjà évité un rendez-vous médical à cause du prix, selon le site Parents, qui a repéré l’étude. Près d’une sur deux utilise des restes de médicaments et 55 % se disent prêtes à recourir à une intelligence artificielle gratuite pour un diagnostic. Parmi celles qui s’auto-diagnostiquent, 13 % constatent un problème plus difficile à traiter et 9 % des symptômes récurrents.

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