- Le prince William appelle à normaliser les discussions sur la santé mentale des hommes.
- Il qualifie le suicide de "catastrophe nationale" et soutient un nouveau réseau de prévention.
- Son histoire a été marquée par le décès de sa mère, Diana, et par les cancers de son père et de son épouse en 2024.
Le sujet reste tabou, mais les chiffres parlent d’eux-mêmes. D’après l’Office for National Statistics, l’agence de statistiques du Royaume-Uni, le suicide était en 2024 la première cause de décès chez les 20-34 ans en Angleterre et au pays de Galles. Invité d’une émission spéciale de BBC Radio 1 consacrée à la santé mentale, le prince William a plaidé pour que davantage de "modèles masculins" s’emparent de ce sujet encore tabou, afin de le "normaliser", libérer la parole et prévenir les drames.
"Une véritable catastrophe nationale"
Lors de cette discussion animée par Greg James, l’héritier du trône britannique a qualifié la situation de "véritable catastrophe nationale", regrettant que le suicide masculin soit encore trop peu abordé publiquement. Selon lui, "nous avons besoin de plus de modèles masculins qui en parlent ouvertement et qui contribuent à banaliser ce sujet, afin que cela devienne naturel pour nous tous".
Engagé de longue date sur ces questions avec son épouse Kate, le prince a annoncé que sa Royal Foundation consacrait un million de livres (1,15 million d’euros) au développement d’un National Suicide Prevention Network, réunissant 20 organisations à travers le Royaume-Uni. La fondation rappelle que la prévention du suicide est un "défi complexe" et sans "modèle unique" de prise en charge.
Au micro de la BBC, le prince William, 43 ans, a confié prendre "beaucoup de temps pour essayer de comprendre (ses) émotions". Il estime que "c’est un processus vraiment important à faire de temps en temps". "Personne au monde ne possède tous les outils pour faire face à chaque situation", a-t-il rappelé, soulignant qu’"il n’y a rien de mal à demander du soutien". Un message nourri par une histoire personnelle marquée par le décès de sa mère, Diana, et par une année 2024 qu’il a décrite comme "la plus difficile" de sa vie, entre les cancers de son père, le roi Charles, et de son épouse, en rémission depuis un an.
Que parler de santé mentale devienne un réflexe
Invité aux côtés du prince, le rappeur Professor Green a de son côté insisté sur "l’importance des discussions autour de la santé mentale des hommes". Il a salué le soutien du prince, évoquant "l’ouverture dont il fait preuve, que les gens n’attendraient pas forcément". L’objectif est clair : faire en sorte que parler devienne un réflexe et que, comme l’a souligné William, "demain, vous pourriez vous réveiller et vous sentir très différent". En normalisant ces conversations, le prince espère éloigner l’idée du suicide et offrir "ce petit tremplin" qui aide à traverser les moments difficiles.


