Danser est bon pour la santé. Cette pratique sportive aurait même des bienfaits sur les capacités cognitives. Des chercheurs de l’université de Kyoto l'ont observé dans une étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue spécialisée Innovation in Aging.
Différents stades de déclin cognitif
"Des recherches antérieures indiquent que la pratique de la danse peut améliorer les résultats aux tests cognitifs des personnes âgées atteintes de troubles cognitifs légers (TCL), un stade intermédiaire de déclin cognitif entre le vieillissement normal et la démence", expliquent les auteurs. La notion de déclin cognitif correspond à une diminution des capacités cérébrales : cela peut être caractérisé par des troubles du langage, de la mémoire ou de la concentration.
Pour mieux comprendre les liens entre danse et capacités cognitives, les chercheurs de l'Université de Kyoto se sont intéressés aux personnes âgées atteintes de déclin cognitif à un stade précoce, appelé déclin cognitif subjectif (DCS). "Ce terme désigne une détérioration de la mémoire ou une confusion accrue, auto-déclarées et non vérifiables par des tests", précisent-ils. Masatoshi Yamashita, auteur principal de l’étude, souligne que l’intervention précoce peut être cruciale pour prévenir la démence, d’où leur intérêt pour le DCS.
Démence : quels sont les liens entre danse et performances cognitives ?
Avec ses collègues, ils ont recruté 53 participants âgés de 65 à 84 ans et présentant un DCS. De premiers tests ont été réalisés pour évaluer leurs performances cognitives et leur activité cérébrale. Les chercheurs ont aussi mesuré leurs niveaux d'ocytocine, souvent surnommée hormone du bonheur, car selon eux "toute amélioration des fonctions cognitives induite par la danse s'accompagnerait d'une augmentation du bien-être grâce aux interactions sociales régulières".
Puis, les chercheurs ont réalisé leur essai : deux groupes de participants ont été créés. Le premier a suivi douze semaines d'entraînement à la danse et le second a conservé son mode de vie habituel. "La formation en danse consistait à apprendre des chorégraphies sur des chansons connues, en l'occurrence de la pop et des chansons traditionnelles japonaises", précisent les auteurs. À l’issue des douze semaines, l'équipe de recherche a refait les mêmes tests cognitifs.
Déclin cognitif : la danse a des effets sur certains marqueurs cérébraux
"Les résultats ont révélé une augmentation significative de la sécrétion d'ocytocine dans le groupe ayant suivi les cours de danse, observent-ils. De plus, les résultats de l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle pour ce groupe ont montré une connectivité fonctionnelle cérébrale accrue et une activation cérébrale spontanée plus importante au repos."
Les résultats aux tests cognitifs n’ont pas montré de différence significative, mais les auteurs estiment que cela pourrait s'expliquer par les scores élevés obtenus par les participants au test cognitif initial. "D'autres facteurs pouvant expliquer l'absence de résultats significatifs incluent la charge cognitive, l'intensité ou la durée des cours de danse, développe Kaoru Sekiyama, chef d'équipe. Ces facteurs devront être étudiés plus en détail." En attendant, les scientifiques rappellent que leurs découvertes confirment l’intérêt de la danse en matière de bien-être social.


