- Chez les personnes âgées, des rythmes circadiens plus faibles augmentent de 2,5 % le risque de développer une démence.
- En outre, un pic d'activité en fin d'après-midi, plus précisément vers 14h15 ou plus tard, accroît le risque de déclin cognitif de 45 %.
- "Les perturbations des rythmes circadiens peuvent altérer des processus corporels comme l'inflammation et perturber le sommeil, ce qui pourrait augmenter la formation de plaques amyloïdes liées à la démence ou ralentir leur élimination du cerveau."
Le vieillissement est associé à des modifications des rythmes circadiens. Pour rappel, le rythme circadien correspond à l’horloge interne de ton corps. Celui-ci fonctionne sur 24 heures et contrôle le sommeil, la digestion, l’énergie, la température corporelle, la concentration ou encore certaines hormones. Piloté par le cerveau, il est influencé par l'exposition à la lumière. "Des altérations des rythmes circadiens pourraient constituer des facteurs de risque de troubles neurocognitifs. Cependant, les résultats sont mitigés et les précédentes recherches ont souvent été menées auprès de populations homogènes", ont indiqué des chercheurs de l'université du Texas (États-Unis).
Plus de risque de démence en cas de rythmes circadiens plus faibles
C’est pourquoi, dans une récente étude, ces derniers ont voulu évaluer le lien entre les perturbations des rythmes circadiens et l'incidence de la démence chez les personnes âgées. Pour les besoins des travaux, les auteurs ont recruté 2.183 personnes, âgées en moyenne de 79 ans, qui ne présentaient pas de déclin cognitif. Durant 12 jours, les volontaires ont porté de petits moniteurs cardiaques adhésifs sur la poitrine afin de mesurer leur niveau de repos et d'activité et ainsi détecter des variations des rythmes circadiens. L’équipe s’est concentrée sur "l'amplitude relative (qui mesure la différence entre les périodes d'activité maximale et minimale d'une personne), la variabilité intra-journalière (fragmentation du rythme) et la stabilité inter-journalière (homogénéité du rythme)." Ensuite, les patients ont été suivis pendant trois ans.
Au total, 176 participants ont reçu un diagnostic de démence. Selon les résultats, publiés dans la revue Neurology, les personnes ayant une faible amplitude (c’est-à-dire ayant de faibles rythmes circadiens) présentaient un risque de démence près de 2,5 fois supérieur, avec une augmentation de 54 % du risque de démence pour chaque diminution de l'amplitude relative. Autre constat : les adultes dont le pic d'activité se situait en fin d'après-midi (14h15 ou plus tard), par rapport à celles dont le pic se situait plus tôt (13h11-14h14), présentaient un risque accru de 45 % de développer une démence.
Inflammation, sommeil : "des processus corporels" altérés qui augmenteraient "la formation de plaques amyloïdes"
D’après l’équipe, ce décalage entre l'horloge biologique et les signaux environnementaux, comme la tombée de la nuit et l'heure tardive, pourrait expliquer ce phénomène. "Les perturbations des rythmes circadiens peuvent altérer des processus corporels comme l'inflammation et perturber le sommeil, ce qui pourrait augmenter la formation de plaques amyloïdes liées à la démence ou ralentir leur élimination du cerveau", a expliqué Wendy Wang, qui a dirigé l’étude.
Dans les conclusions, les scientifiques soulignent certaines limites des recherches, notamment l’absence de données sur les sous-types de démence et de mesures objectives des troubles du sommeil. "Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si des interventions sur le rythme circadien peuvent réduire le risque de démence."


