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Le vaccin universel par spray : c’est pour quand ?

Un vaccin universel administré par spray nasal pourrait-il protéger contre virus, bactéries et allergies respiratoires ? Des chercheurs de Stanford publient des résultats prometteurs chez la souris.

Le vaccin universel par spray : c’est pour quand ? TopMicrobialStock / istock




L'ESSENTIEL
  • Un vaccin nasal expérimental protège des souris contre virus, bactéries et allergènes respiratoires.
  • Il agit en stimulant durablement l’immunité innée et adaptative.
  • Des essais chez l’humain doivent débuter prochainement.

Une simple pulvérisation dans le nez pour protéger contre le virus du Covid-19, la grippe, certaines pneumonies bactériennes et même des allergies ? C’est la promesse, encore expérimentale, de chercheurs de l’école de médecine de l'Université Stanford (Etats-Unis), qui viennent de publier des résultats spectaculaires chez la souris dans la revue Science.

Pourquoi les vaccins doivent sans cesse être mis à jour

Depuis sa découverte au XVIIIe siècle par le Dr Edward Jenner, la vaccination repose sur un principe : présenter au système immunitaire un fragment reconnaissable d’un agent pathogène afin qu’il apprenne à le neutraliser. "C’est le paradigme de la vaccinologie depuis 230 ans", rappelle Bali Pulendran, professeur de microbiologie et d’immunologie à Stanford et auteur principal de l’étude, dans un communiqué. Problème : virus et bactéries mutent rapidement. "Comme, selon le proverbe, le léopard qui change ses taches, un virus peut modifier les antigènes à sa surface", explique le chercheur. Résultat : les rappels réguliers contre le Covid-19 et le vaccin antigrippal annuel restent nécessaires.

Cette fois, plutôt que de cibler un microbe précis, l’équipe de chercheurs a choisi d’imiter les signaux de communication entre cellules immunitaires. L’objectif, activer durablement l’immunité innée, première ligne de défense habituellement brève, et la coordonner avec l’immunité adaptative.

Administré par voie nasale, le vaccin expérimental baptisé GLA-3M-052-LS+OVA a ainsi protégé les souris pendant au moins trois mois contre le SARS-CoV-2, d’autres coronavirus, mais aussi contre Staphylococcus aureus et Acinetobacter baumannii. Les animaux vaccinés présentaient 700 fois moins de virus dans les poumons. Bali Pulendran parle d’un "double effet" : une barrière innée renforcée et une réponse adaptative accélérée en trois jours au lieu de deux semaines.

Des effets aussi contre bactéries et allergènes

Fait plus surprenant : les souris vaccinées ont également mieux résisté à un allergène courant, l’acarien domestique. En effet, leur réponse allergique de type Th2 était nettement réduite, avec moins de mucus dans les voies respiratoires. "Je pense que nous avons un vaccin universel contre diverses menaces respiratoires", affirme le chercheur de Stanford. Une étude de phase I chez l’humain est prévue pour évaluer sa sécurité. Selon l’expert, un tel spray pourrait être disponible d’ici cinq à sept ans si les financements suivent.

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