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Hérédité

Grossesse : l'exposition à ce produit peut impacter la santé sur 20 générations !

L’exposition à un fongicide, appelé vinclozoline, pendant la grossesse augmente le risque de maladies héréditaires sur 20 générations

Grossesse : l'exposition à ce produit peut impacter la santé sur 20 générations ! VectorMine/istock




L'ESSENTIEL
  • Une seule exposition à un fongicide toxique pendant la grossesse peut augmenter le risque de maladie pour 20 générations suivantes.
  • L'étude a été menée avec un fongicide appelé vinclozoline.
  • Elle montre aussi que les problèmes de santé héréditaires s'aggravent de nombreuses générations après l'exposition.

La vinclozoline, un fongicide utilisé dans les cultures fruitières pour lutter contre le mildiou et les moisissures, est aujourd’hui interdite en France et en Europe en raison des perturbations endocriniennes que le produit peut provoquer. Mais, il pourrait continuer à impacter la population, et même les futures descendances.

En étudiant des rats, des chercheurs de l’université d’État de Washington ont mis en évidence que la substance chimique augmente le risque de maladies épigénétiques sur 20 générations !

Leur découverte a été publiée dans la revue PNAS, le 17 février 2026.

Maladie épigénétique : la vinclozoline a impacté les rats sur 20 générations

Le biologiste Michael Skinner fait partie des experts à mettre en évidence les mécanismes de l’hérédité épigénétique, c’est-à-dire comment des facteurs environnementaux peuvent entraîner des modifications dans les spermatozoïdes et les ovules, et par effet domino l’activité des gènes. Ce qui peut favoriser l’apparition de maladies héréditaires comme le cancer. Pour comprendre l’augmentation des taux de ces pathologies, le scientifique a observé les descendants des rats exposés à la vinclozoline lors d’une étude publiée fin 2018. Il a ainsi analysé la santé de 20 générations de rongeurs.

L’équipe a relevé une persistance similaire de la maladie au niveau des reins, de la prostate, des testicules et des ovaires, ainsi que d'autres atteintes. De plus, plus les générations avançaient, plus la mortalité des mères et des nouveau-nés lors de l'accouchement augmentaient.

"La prévalence de la maladie restait globalement stable, mais vers la quinzième génération, nous avons commencé à observer une recrudescence des pathologies", précise Michael Skinner dans un communiqué. "Aux seizième, dix-septième et dix-huitième générations, la maladie est devenue très répandue et nous avons constaté des anomalies lors de la mise-bas. Soit la mère mourait, soit tous les petits mouraient. Il s’agissait donc d’une pathologie particulièrement mortelle."

Pour le chercheur, l'hérédité épigénétique des maladies pourrait contribuer à expliquer l'augmentation des taux de pathologies chroniques chez l'humain, "une hausse qui s'accompagne d'une utilisation accrue de pesticides, de fongicides et d'autres produits chimiques environnementaux dans l'agriculture et d'autres industries", note-t-il.

Exposition aux produits toxiques et grossesse : "le problème est loin d'être résolu"

"En résumé, lorsqu'une femme enceinte est exposée, le fœtus l'est aussi", explique le biologiste. "Puis, les cellules germinales du fœtus sont également exposées. De cette première exposition découleront des effets potentiels sur la descendance, et ainsi de suite. Une fois programmée dans les cellules germinales, cette transmission est aussi stable qu'une mutation génétique", souligne Michael Skinner.

Il précise aussi que 20 générations chez les rats correspondent à quelques années, mais pour l’homme, nous sommes davantage sur un laps de temps de 500 ans.

"Cette étude montre clairement que ce problème est loin d'être résolu, ajoute l’expert. Nous devons agir. L'épigénétique peut nous permettre de passer d'une médecine réactive à une médecine préventive."

Au-delà de mieux comprendre l’impact de l’hérédité épigénétique, l’étude apporte aussi une bonne nouvelle. Michael Skinner et ses collègues ont découvert des biomarqueurs épigénétiques permettant de prédire la prédisposition à certaines maladies. "Chez l'humain, nous disposons de biomarqueurs épigénétiques pour une dizaine de prédispositions à différentes maladies. Ces biomarqueurs n'indiquent pas que vous êtes déjà atteint de la maladie, mais plutôt que vous risquez de la développer dans 20 ans. Il existe toute une série d'approches de médecine préventive qui peuvent être mises en œuvre avant l'apparition de la maladie afin de la retarder ou de l'empêcher."

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