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Le premier bébé éprouvette en France fête ses 44 ans : ce qui a changé dans les FIV

Amandine, le premier "bébé-éprouvette" français, fête ses 44 ans aujourd'hui. La technique qui a permis sa naissance a bien changé au cours de ces dernières années.

Le premier bébé éprouvette en France fête ses 44 ans : ce qui a changé dans les FIV Inna Dodor/istock




L'ESSENTIEL
  • Amandine, le premier bébé éprouvette de France, fête ses 44 ans.
  • Depuis sa naissance, on compte plus de 400.000 enfants nés grâce à la FIV.
  • La FIV et son encadrement ont changé au cours des dernières années.

Amandine, le premier "bébé-éprouvette" de France fête ses 44 ans ce 24 février 2026. Née en pleine forme - 3,420 kg pour 51 cm - elle avait alors fait la une des journaux français. La technique qui avait permis son arrivée au monde nourrissait à l’époque autant d'espoirs que de craintes. Les choses ont bien changé, aujourd'hui. Amandine n’est plus une exception dans le pays, loin de là. Plus de 400.000 enfants ont vu le jour grâce à une FIV au cours des 4 dernières décennies.

En 2023, un enfant sur 24 était issu d’un AMP

Dans son rapport publié en 2024, l'Agence de la biomédecine a recensé 164.670 tentatives d’Assistance Médicale à la Procréation (regroupant les inséminations intra-utérines, les FIV et les décongélations d’embryons congelés avec gamètes et embryons issus ou non d’un don, NDLR) pour l’année 2023. Cela représentait une hausse de 3,1 % par rapport à l’année précédente. Cette dernière était portée par la prise en charge des projets bébé des femmes célibataires et les couples de femmes, autorisée à accéder à la technique depuis la loi de bioéthique de 2021. Avant, seuls les couples hétérosexuels souffrant d’infertilité pouvaient en bénéficier.

Au total, près de 28.440 nourrissons sont nés d’une AMP réalisée au cours de l’année 2023. Cela représente 4 % des naissances survenues cette année-là. On estime ainsi que près d’un enfant sur 24 est issu d’une AMP (contre 1/27 en 2022).

FIV : quelles sont les évolutions survenues en 44 ans ?

Une FIV consiste à faire rencontrer l’ovocyte et le spermatozoïde en laboratoire, puis à transférer l’embryon ainsi obtenu dans l’utérus. La partie clinique de la procédure a connu peu d’évolution en quarante ans. "Il y a eu des améliorations au niveau des protocoles qu'on utilise", avait expliqué Pr Nathalie Massin du service d’Assistance médicale à la procréation de l'Hôpital Américain de Paris lors d’une précédente interview accordée à Pourquoi Docteur. Contrairement au début de la FIV, où les ovules étaient prélevés par cœlioscopie, la procédure se fait désormais par voie vaginale, et donc beaucoup moins invasive. La stimulation et la maîtrise de l’ovulation ont également été perfectionnées. "Mais globalement, la base reste la même, ajoute l'experte. C'est-à-dire que la femme doit faire plusieurs jours d'injection. Ensuite, elle doit subir une intervention chirurgicale avant de pouvoir avoir un transfert d'embryon. Globalement, il n'y a pas eu énormément de changements."

Par contre, il y a eu des avancées majeures sur la partie “laboratoire” de la procédure. Par exemple, à la fin des années 70 lors du lancement des FIV, la culture embryonnaire se faisait dans de l'eau salée. Les milieux de culture se composent aujourd’hui de nutriments qui permettent d’être au plus proche des conditions naturelles du corps de la femme, favorisant les chances de grossesse.

La prise en charge de l’infertilité masculine a, de son côté, été révolutionnée grâce à l’arrivée à l’ICSI en 1992. Cette technique consiste à injecter un spermatozoïde choisi au microscope dans un ovule.

"Le troisième point le plus marquant au niveau du laboratoire a été l'amélioration des techniques de congélation d'embryons, notamment avec l’arrivée de la vitrification. C'est important parce que mine de rien, on n'est plus obligé de placer tous les embryons dans l’utérus. Cela limite au maximum le risque de grossesses multiples qui peuvent entraîner des risques pour la mère ou les bébés", avait expliqué la Pr Frida Entezami à Pourquoi Docteur en novembre 2024.

Un encadrement qui a évolué

L’encadrement du parcours de l’assistance médicale à la procréation a, par ailleurs, évolué au fil des années avec les mœurs. En France, l'accès de la procédure est autorisé aux couples hétérosexuels (mariés ou non), mais aussi aux couples formés de 2 femmes et aux femmes célibataires.

La procédure peut être réalisée jusqu'au 45e anniversaire de la femme portant l’enfant et jusqu'au 60e anniversaire de la personne du couple qui ne portera pas. Pour le prélèvement ou le recueil dans un projet d'AMP, les conditions d’âges sont les suivantes :

  • le prélèvement d'ovocytes peut être réalisé chez la femme jusqu'à son 43e anniversaire ;
  • le recueil de spermatozoïdes peut être réalisé chez l'homme jusqu'à son 60e anniversaire.

Le parcours d’AMP est remboursé à 100 % pour au maximum 6 inséminations (une seule insémination artificielle par cycle) et 4 tentatives de fécondation in-vitro pour obtenir une grossesse. "Cette prise en charge est la même pour tous (couple hétérosexuel, couple formé de 2 femmes, femme non mariée", précise l’Assurance Maladie.

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