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Antibiotiques

Menace en Europe : ces infections alimentaires courantes résistent aux traitements

En Europe, les bactéries alimentaires courantes comme Salmonella et Campylobacter résistent de plus en plus aux traitements antibiotiques, freinant la prise en charge des infections.

Menace en Europe : ces infections alimentaires courantes résistent aux traitements krblokhin / istock




L'ESSENTIEL
  • L’antibiorésistance progresse chez des bactéries alimentaires courantes en Europe.
  • En 2024, une part importante des infections à Salmonella et Campylobacter ne répondait plus à certains traitements clés.
  • En cause : l’évolution des habitudes alimentaires, une hygiène insuffisante et le vieillissement de la population, plus vulnérable.

La progression silencieuse de l’antibiorésistance inquiète les autorités sanitaires européennes. Selon un nouveau rapport conjoint du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), des bactéries alimentaires courantes comme Salmonella et Campylobacter résistent de plus en plus aux traitements antibiotiques. Une évolution qui complique la prise en charge des infections.

Des bactéries de plus en plus résistantes

Salmonella et Campylobacter figurent parmi les principales causes d’infections alimentaires en Europe. On les contracte le plus souvent en consommant de la viande ou de la volaille crue (ou pas assez cuite), des œufs contaminés ou du lait non pasteurisé. Or, en 2024, plus d’un cas humain de salmonellose sur cinq était résistant à la ciprofloxacine, un antibiotique clé utilisé dans les infections sévères. Plus préoccupant encore : près d’un cas sur cinq présentait une multirésistance, réduisant fortement les options thérapeutiques disponibles. Concernant Campylobacter, la situation est telle que la ciprofloxacine n’est désormais plus recommandée pour traiter les infections humaines en Europe. Les deux bactéries montrent également des résistances à l’ampicilline, aux tétracyclines et aux sulfamides.

Pour Piotr Kramarz, scientifique en chef à l’ECDC cité par Euronews, "la résistance aux antimicrobiens chez des bactéries alimentaires courantes comme Salmonella et Campylobacter met en lumière les liens étroits entre les systèmes humains, animaux et alimentaires". Il souligne que préserver l’efficacité des antibiotiques nécessite "une action coordonnée à travers une approche One Health solide". Comme le rappelle l'Anses, le concept "One Health" repose sur l’idée que la santé humaine, animale, végétale et environnementale est interconnectée.

Des infections alimentaires en hausse

En 2024, l’Union européenne a recensé 168.396 cas humains de Campylobacter et 79.703 cas de Salmonella, en augmentation constante depuis 2020. Cette progression s’expliquerait par l’évolution des habitudes alimentaires, comme la consommation accrue de plats prêts à consommer, mais aussi par des pratiques d’hygiène insuffisantes et le vieillissement de la population, qui devient plus vulnérable.

Fait notable : les légumes et produits non animaux ont été associés au plus grand nombre de décès lors d’épidémies d’intoxications alimentaires en 2024. Toutefois, Salmonella reste la principale cause d’épidémies transfrontalières, les œufs et produits à base d’œufs constituant le principal vecteur.

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