Le MV Hondius est arrivé à Tenerife, aux Canaries, dimanche 10 mai. Trois personnes, voyageant à bord de ce navire de croisière, sont décédées d'une infection par un hantavirus. Au total, six cas liés à la souche Andes du virus ont été confirmés. La maladie peut déclencher un syndrome respiratoire aigu.
Hantavirus à bord du MV Hondius : quelle sera la prise en charge des passagers ?
Après leur débarquement dans le port espagnol, les quelques 80 passagers seront rapatriés dans leur pays, où ils resteront sous surveillance. Les autorités gouvernementales ont affirmé qu'il n'y aurait aucun contact entre les croisiéristes et la population locale. Les ressortissants espagnols seront les premiers à quitter le bateau, après un dernier examen médical à bord, puis auront les autres nationalités : Etats-Unis, Royaume-Uni, Pays-Bas, Irlande, Belgique, Allemagne et France. Selon un communiqué du ministère de la santé et des affaires étrangères, relayé par Le Monde , les cinq passagers français " seront placés en quarantaine à l'hôpital pendant soixante-douze heures le temps d'une évaluation complète et avant d'organiser un retour à domicile, en isolement de quarante-cinq jours, avec mise en place d'une surveillance adaptée" .
Croisière : un autre navire touché par une épidémie dans les Caraïbes
Dans les Caraïbes, une épidémie virale s'est propagée à bord d'un autre navire, le Caribbean Princess. Selon les autorités sanitaires américaines, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), 115 personnes, dont 13 membres d'équipage, ont présenté des symptômes liés à un norovirus. La plupart d'entre elles souffraient de diarrhées et de vomissements. Des mesures ont été mises en place pour limiter la propagation de la maladie, dont le renforcement du nettoyage et de la détection, l'isolement des passagers et la collecte d'échantillons de selles pour des tests. Parti de Floride le 28 avril, le navire sera de retour le 11 mai. Selon Skynews , en mars dernier, une épidémie de norovirus avait contaminé plus de 150 personnes sur un autre bateau de la même compagnie.
Virus : pourquoi les croisières sont plus à risque ?
Dans The Conversation , Vikram Niranjan, professeur en santé publique, explique pourquoi les croisières sont si propices à la propagation de maladies. " Les navires de croisière (..) illustrent la facilité avec laquelle les maladies peuvent se propager lorsque des personnes sont dans un même environnement interconnecté" , explique-t-il. Ce chercheur cite notamment une étude réalisée récemment : elle a recensé 127 épidémies de norovirus sur des navires de croisière. La plupart étaient liés à des aliments contaminés, à des surfaces contaminées ou à une propagation entre individus. " Si quelqu'un est infecté mais ne se sent pas encore malade, il peut encore contaminer les aliments ou les surfaces avant de se rendre compte qu'il ne va pas bien" , développe-t-il. Or, entre les repas sous forme de buffets, les contacts étroits et les nombreux espaces communs, les infections peuvent se propager rapidement. Ce spécialiste cite également la ventilation comme source de diffusion éventuelle du virus lorsqu'elle n'est pas suffisante. " Une circulation adéquate de l'air frais, des filtres spécialisés et la technologie de purification de l'air jouent tous un rôle dans la sécurité des passagers" , prévient-il. Il rappelle que l'âge des passagers est aussi un facteur de risque : les croisières sont populaires auprès des personnes âgées, ou elles sont plus fragiles en cas d'infection.
Aux États-Unis, quelques recommandations sanitaires sont diffusées auprès des passagers de croisière, sur le site des CDC . Ils soulignent notamment qu'en cas de symptôme avant le voyage, il est essentiel d'annuler son départ, et s'ils constamment pendant la croisière, le personnel médical à bord doit être prévenu.


