Trois personnes décédées, huit cas confirmés et un bateau de croisière confiné. La situation à bord du navire de croisière MV Hondius suscite l’inquiétude. Plusieurs personnes ont été infectées par un hantavirus : généralement, l’infection est liée au contact avec des rongeurs contaminés. Pour ces cas, il s’agit de la souche Andes de ce virus, transmissible entre humains via les gouttelettes de salive.
Hantavirus : un risque "faible" de propagation selon l’OMS
Dans une interview filmée par l’AFP, le directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, rappelle qu’il y a actuellement huit cas suspects. Selon lui, le risque de propagation à d’autres pays reste "faible". Interrogé sur une éventuelle similitude avec le début de la pandémie de Covid-19, l’ancien ministre de la Santé éthiopien a déclaré qu’il ne "pense pas" que les situations soient comparables. "Des investigations complémentaires sont en cours. L'épidémie est gérée grâce à une réponse internationale coordonnée, comprenant des enquêtes approfondies, l'isolement et la prise en charge des cas, l'évacuation sanitaire et des analyses de laboratoire", indique l’organisation internationale dans un communiqué.
Actuellement, un expert du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) est présent à bord du bateau pour participer à l’enquête. "De nombreuses incertitudes persistent concernant cette épidémie d'hantavirus et il est important d'adopter une approche de précaution à ce stade afin de réduire le risque de transmission, prévient le Dr Pamela Rendi-Wagner, directrice de l’ECDC, dans un communiqué. (…) D'après les données actuelles, le risque pour la population générale en Europe demeure très faible et une transmission généralisée n'est pas attendue. Toute transmission devrait rester limitée en raison de la nature des contacts et des mesures de prévention et de contrôle des infections mises en place à bord et lors du débarquement, ainsi que du suivi ultérieur."
Epidémie d’hantavirus : comment le virus s’est propagé à bord ?
Pour le moment, l’OMS estime que les premiers cas seraient consécutifs à une infection en dehors du navire, puis que le virus s’est propagé à bord du bateau de croisière. Parti d’Ushuaia en Argentine le 1er avril, il a ensuite navigué au Sud de l’océan Atlantique, en réalisant différentes escales, notamment en Antarctique ou sur l’île Sainte-Hélène. "L’étendue des contacts entre les passagers et la faune locale pendant la traversée, ou avant l’embarquement à Ushuaia, reste indéterminée", précise l’OMS.
Le 6 avril, un premier passager a développé des symptômes, dont de la fièvre, des maux de tête et une diarrhée. Cinq jours plus tard, cet homme est décédé après avoir souffert de détresse respiratoire. "Une femme adulte, ayant été en contact étroit avec le cas n° 1, a débarqué à Sainte-Hélène le 24 avril 2026 en présentant des symptômes gastro-intestinaux, poursuit l’OMS. Son état s’est ensuite dégradé pendant un vol vers Johannesburg, en Afrique du Sud, le 25 avril. Elle est décédée à son arrivée aux urgences le 26 avril." Un test PCR a permis de confirmer l’infection par un hantavirus. Ces deux personnes décédées avaient voyagé en Amérique du Sud, avant de rejoindre la croisière. L’OMS précise que le navire transporte 147 personnes au total, dont 88 passagers et 59 membres d’équipage. Il est actuellement amarré au large des côtes du Cap-Vert.


