- Un "stérilet pour homme" est en cours de développement en France.
- Il pourrait offrir une alternative non hormonale et réversible.
- Ce dispositif relance le débat sur le partage de la contraception.
Alors que la contraception reste encore largement considérée comme une responsabilité féminine, un nouveau dispositif made in France pourrait bien rebattre les cartes au sein du couple : il s'agit d'un "stérilet pour homme", actuellement développé par une équipe lilloise. Pensé comme une alternative non hormonale, il ambitionne de diversifier les options contraceptives masculines, encore très limitées aujourd’hui, rapporte Le Point.
Un dispositif innovant et peu invasif
"Je veux offrir plus de choix aux hommes que le préservatif ou les méthodes dites naturelles comme le retrait", explique la médecin andrologue Julie Prasivoravong (CHU de Lille, CH de Lens), à l’origine du projet, dans les colonnes du journal. En effet, selon un rapport d’étude d’EPI-PHARE, le nombre de vasectomies en France est passé de 1.940 en 2010 à 30.288 en 2022. Parallèlement, le nombre d’interruptions volontaires de grossesse (IVG) restent élevées, avec 251.270 interventions en 2024. Un contexte qui a incité la spécialiste de l’infertilité masculine à imaginer une alternative : "A partir de 2021, j’ai commencé à me demander ce qu’on pouvait faire". Son objectif est clair : proposer une méthode accessible, non hormonale et réversible.
Breveté en 2025, ce prototype de "stérilet pour homme", baptisé STEOM, fonctionne sur un principe mécanique similaire au stérilet féminin : il bloque le passage des spermatozoïdes, empêchant ainsi la fécondation. "C’est vraiment le pendant du stérilet féminin, le mode de fonctionnement est le même", explique Jessica Schiro, chercheuse au CIC-IT, un laboratoire de l’Inserm à Lille, qui a participé au projet. Concrètement, la pose dure environ quinze minutes, avec une incision d’un centimètre au niveau du scrotum, sous anesthésie locale. "Pas besoin de pansements ni de points de suture, ça se referme tout seul ; ce n’est pas plus douloureux que la pose d’un implant chez la femme", précise Julie Prasivoravong. Le dispositif serait efficace pendant trois ans, et totalement réversible.
Les premiers essais précliniques doivent débuter avec l’Université de Liège, en Belgique. Avant une éventuelle commercialisation, qui est estimée dans sept à dix ans, il faudra confirmer son innocuité sur la fertilité et la sexualité.
Vers un partage plus équitable de la contraception ?
Aujourd’hui, la contraception repose encore majoritairement sur les femmes. Selon le Sex Report 2026, le dernier baromètre annuel d'Adam & Eve (qui vend des jouets pour adultes), 63 % d’entre elles déclarent en assumer la charge principale. Les options masculines restent limitées : préservatif, vasectomie et retrait, selon la Haute Autorité de santé.
Dans ce contexte, STEOM pourrait répondre à une demande croissante. "Les pratiques – sexuelles ou contraceptives – changent ; les hommes s’intéressent de plus en plus à ces questions-là", souligne Jessica Schiro. Pour Julie Prasivoravong, l’enjeu est aussi culturel : "Identifier les peurs nous permettra de mieux les comprendre pour pouvoir les déconstruire. Il reste un travail d’acculturation à faire, mais je sais que nous y arriverons."
Une équipe lilloise vient de mettre au point le tout premier stérilet pour homme, un dispositif sans hormones et réversible qui pourrait bien révolutionner la contraception masculine.
— Le Point (@LePoint) May 3, 2026
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