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Anxiété

Crises de panique : une découverte inattendue sur l'effet d'un antibiotique

Une étude confirme le potentiel de la minocycline, un antibiotique, comme stratégie thérapeutique pour le trouble panique.

Crises de panique : une découverte inattendue sur l'effet d'un antibiotique Tero Vesalainen/iStock




L'ESSENTIEL
  • La minocycline, un antibiotique, diminue l’intensité des crises de panique, avec des effets comparables à un médicament classique comme le clonazépam.
  • À faible dose, la minocycline agit surtout comme anti-inflammatoire sur le cerveau, notamment sur les cellules immunitaires, ce qui pourrait expliquer son effet sur l’anxiété.
  • Des études plus larges doivent être menées pour confirmer ces résultats.

Vertiges, nausées, essoufflement, gêne thoracique, palpitations cardiaques… Ces signes se présentent en cas de trouble panique, correspondant à la peur ressentie pendant les crises d'angoisse aiguë qui se réitèrent pendant un mois ou plus avec la crainte perpétuelle d’en vivre un nouveau. "Il existe un lien entre les crises de panique et la neuroinflammation, car les réponses pro-inflammatoires induites par la microglie (des cellules immunitaires du cerveau) contribuent à la détection des perturbations de l’homéostasie telles que l’inhalation de dioxyde de carbone (CO₂). Ce modèle est devenu largement utilisé en recherche, l’exposition au CO₂ pouvant déclencher des crises de panique chez l’être humain et des comportements de type panique chez la souris", selon des chercheurs de l’université d'État de São Paulo et de Rio de Janeiro (Brésil).

Réduire l'inflammation avec les antibiotiques pour atténuer les crises de panique

Étant donné que la minocycline, un antibiotique, inhibine l’activation des cellules immunitaires du cerveau, elle constitue un outil prometteur pour atténuer les crises de paniques induites par le CO₂. Pour s’en assurer, les scientifiques brésiliens ont voulu comparer les effets de la minocycline et du clonazépam, une benzodiazépine indiquée contre les crises de panique. Dans un premier temps, l’équipe a recruté 49 personnes diagnostiqués avec un trouble panique. Au début de l'étude, puis après sept jours de traitement par clonazépam ou minocycline, ils ont inhalé de l'air enrichi à 35 % de dioxyde de carbone. "Les doses d'antibiotique nécessaires au traitement des crises de panique dans cette étude étaient inférieures à celles utilisées pour traiter les infections bactériennes, réduisant ainsi le risque d'apparition de résistances bactériennes." À ces deux reprises, des psychiatres qualifiés ont évalué les symptômes d'anxiété selon les méthodes standardisées.

Les résultats, publiés dans la revue Translational Psychiatry, ont montré que, tout comme le clonazépam, la minocycline avait réduit l'intensité des crises de panique déclenchées par l'inhalation de CO₂ et modulait également la réponse immunitaire en réduisant les taux de cytokines pro-inflammatoires, telles que l'interleukine (IL)-2sRα et l'IL-6, et en augmentant ceux d'IL-10, favorisant une réponse anti-inflammatoire. "La minocycline ayant un effet anti-inflammatoire à faibles doses, mais pas nécessairement un effet antibiotique, l'amélioration des symptômes est probablement due à la réduction de l'inflammation. Il s'agit d'un mécanisme différent de celui du clonazépam, qui agit en inhibant des récepteurs spécifiques dans le cerveau", a expliqué Luciane H. Gargaglioni, qui a dirigé les travaux.

La minocycline diminue les "comportements de fuite" chez les souris

Ensuite, les auteurs ont mené des expériences sur des souris. Chez les rongeurs, la microglie du locus coeruleus, une région du cerveau sensible au CO₂, était activée 6 heures après une exposition à 20 % de CO₂. En Cet excès de dioxyde de carbone provoque la même sensation d’étouffement qu’une crise de panique. Plus précisément, des réponses comportementales ont été observées chez les animaux, notamment une réduction des sauts, des épisodes de course, une hyperventilation. La minocycline et le clonazépam diminuaient l'expression de ces comportements, mais seule la minocycline réduisait l'hyperventilation. Aucun des deux médicaments ne modifiait les taux de cytokines.

D’après les scientifiques, des travaux complémentaires sont nécessaires avant que la minocycline puisse être utilisée à cette fin. "L'étude ouvre la voie à une nouvelle approche thérapeutique pour cette affection et d'autres troubles psychiatriques liés à une inflammation accrue des cellules nerveuses."

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