- L’asthme sévère, qui concerne entre 3 % et 8 % des asthmatiques, augmente fortement le risque de décès.
- "Les comorbidités et les exacerbations répétées sont probablement les principaux moteurs du risque, plutôt que les crises elles-mêmes."
- Mieux identifier ces profils à haut risque apparaît nécessaire.
Souvent perçu comme une maladie chronique bien contrôlée, l’asthme cache pourtant une réalité plus préoccupante pour certains patients. A l’occasion de la Journée mondiale de l’asthme, ce mardi 5 mai, une vaste étude suédoise révèle que les formes sévères de cette maladie respiratoire, due à une inflammation permanente des bronches, sont associées à un risque de mortalité nettement plus élevé.
Des comorbidités associées à l’asthme
Menée dans le cadre de la collaboration NORDSTAR et publiée dans l’European Respiratory Journal, la recherche s’est appuyée sur les données de plus de 11.000 patients suivis pendant près de vingt ans. Les résultats sont sans appel : 34 % des patients atteints d’asthme sévère sont décédés durant le suivi, contre 20 % pour ceux souffrant de formes légères à modérées. "C’est l’une des plus grandes études réalisées dans ce domaine, et elle montre clairement que l’asthme sévère est une maladie grave", souligne Apostolos Bossios, chercheur à l’Institut de médecine environnementale du Karolinska Institutet (Suède), dans un communiqué.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les crises d’asthme ne sont pas les principales responsables de cette surmortalité. Les chercheurs pointent plutôt du doigt les maladies qui lui sont associées. "Nous constatons que les comorbidités et les exacerbations répétées sont probablement les principaux moteurs du risque, plutôt que les crises elles-mêmes", précise le scientifique. Les patients souffrant d’asthme sévère présentent en effet davantage de pathologies associées, comme des maladies cardiovasculaires ou certains cancers, qui augmentent leur vulnérabilité globale.
65.000 asthmatiques sévères en France
Pour les chercheurs, ces résultats doivent alerter : "Même si les traitements ont énormément progressé, certains patients [à haut risque] ont encore besoin d’interventions plus ciblées", souligne Apostolos Bossios. Mieux identifier ces profils et adapter leur prise en charge pourrait ainsi devenir une priorité de santé publique.
L’asthme sévère concerne aujourd’hui entre 3 % et 8 % des personnes asthmatiques. Il se caractérise par des symptômes difficiles à contrôler, des traitements lourds et des hospitalisations fréquentes. En France, l’asthme touche 3,5 millions de personnes et tue près de 1.000 personnes par an. Parmi ces asthmatiques, 65.000 souffrent d’asthme sévère, parfois même sans le réaliser, selon une récente étude publiée par Sanofi.



