- Des chercheurs signalent l’absence d’effets "cliniquement significatifs" des médicaments ciblant les protéines amyloïdes bêta présentes dans le cerveau.
- En outre, ces traitements augmentent probablement le risque d'hémorragie et d'œdème cérébral.
- Selon les scientifiques, il faut explorer d’autres pistes que la cible amyloïde pour traiter Alzheimer.
Prescrits en cas d’Alzheimer, les anticholinestérasiques, augmentant le taux d’acétylcholine dans le cerveau (un neurotransmetteur impliqué dans la mémoire), et les antagonistes des récepteurs NMDA, qui agissent sur le système glutamatergique, ont fait l’objet d’un déremboursement en France. Les raisons ? Leur efficacité clinique était jugée faible ou modeste, selon la Haute Autorité de Santé (HAS). En outre, ils pouvaient entraîner des effets indésirables chez les personnes âgées.
Les médicaments anti-amyloïde n’apportent aucune amélioration significative aux patients
Dans une nouvelle étude, l’organisation indépendante Cochrane a voulu examiner l’utilité des médicaments ciblant les protéines amyloïdes bêta présentes dans le cerveau, qui permettrait de prévenir ou de ralentir la progression de la maladie selon les hypothèses. "Les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ont dans leur cerveau des taux élevés d'une protéine appelée amyloïde bêta, détectable avant l'apparition des symptômes, mais son rôle dans la progression de la maladie reste incertain", a-t-elle rappelé. Pour les besoins des travaux, l’équipe a passé en revue les données issues de 17 essais cliniques portant sur 20.342 personnes. Toutes les recherches examinées se concentraient sur l'impact des médicaments anti-amyloïde chez les patients souffrant de trouble cognitif léger ou de trouble neurocognitif majeur débutant dû à la maladie d'Alzheimer.
Selon les résultats, les médicaments parviennent à éliminer les protéines amyloïdes du cerveau. Cependant, les effets des traitements sur le déclin cognitif et la sévérité du trouble neurocognitif majeur étaient "inexistants ou négligeables, se situant bien en dessous des seuils établis pour la différence minimale cliniquement significative." En plus de n’apporter "aucun effet cliniquement significatif", les médicaments anti-amyloïde augmentaient probablement le risque d'œdème et d'hémorragie cérébrale. Ces effets secondaires ont été observés lors d'imageries cérébrales sans symptômes apparents chez la plupart des patients, "toutefois, les effets à long terme restent incertains, car le rapport des symptômes était variable d'un essai à l'autre."
Alzheimer : "Il subsiste un besoin important de traitements plus efficaces"
Face à ces données, les chercheurs de se concentrer sur d'autres mécanismes lors de futures études. "Les médicaments déjà autorisés apportent certains bénéfices à certains patients, mais il subsiste un besoin important de traitements plus efficaces. Malheureusement, les médicaments anti-amyloïde ne répondent pas à ce besoin et comportent des risques supplémentaires. Étant donné l'absence de corrélation entre l'élimination de l'amyloïde et le bénéfice clinique, nous devons explorer d'autres pistes pour lutter contre cette maladie dévastatrice", a déclaré Edo Richard, professeur de neurologie au Radboud University Medical Centre qui a participé aux recherches.



