- L’Hydre ne semble pas vieillir grâce à ses cellules souches.
- Des chercheurs veulent reproduire ce mécanisme chez d’autres espèces.
- L’objectif est de ralentir le vieillissement sans augmenter les risques.
Depuis des décennies, l’Hydre intrigue les scientifiques : ce petit organisme d’eau douce semble défier le temps. Une nouvelle étude, publiée dans la revue Aging, propose aujourd’hui une hypothèse digne de la science-fiction : s’inspirer des mécanismes biologiques de l’Hydre pour ralentir le vieillissement chez d’autres espèces, et peut-être un jour chez l’humain.
Hydre vs rotifère : deux extrêmes du vieillissement
L’Hydre possède une capacité unique : ses cellules se renouvellent en continu grâce à des cellules souches actives, ce qui lui permet de maintenir ses tissus sans montrer de signes classiques de vieillissement. A l’inverse, les rotifères, des organismes microscopiques, vivent à peine une dizaine de jours et présentent un déclin rapide. Le chercheur Michael Bordonaro, du Geisinger College of Health Sciences, propose de "reproduire des schémas d’expression génétique similaires à ceux de l’Hydre chez les rotifères" afin de ralentir leur vieillissement, selon un communiqué. L’idée n’est pas de rendre ces organismes immortels, mais d’améliorer la résistance cellulaire et la longévité en bonne santé.
Au centre de cette hypothèse se trouve FoxO, une protéine clé qui régule les cellules souches. Chez l’Hydre, elle maintient les cellules dans un état jeune et actif. Lorsque son activité diminue, les cellules vieillissent plus vite. A l’inverse, son activation stimule des gènes liés à la régénération. Selon les chercheurs, "le retard du vieillissement à l’échelle de l’organisme pourrait être possible en reproduisant ces mécanismes génétiques". Ils envisagent d’utiliser des outils comme CRISPR (les "ciseaux génétiques") pour modifier les rotifères et observer les effets sur leur durée de vie et leur résistance au stress.
Freiner le vieillissement, favoriser les cancers ?
Les scientifiques prévoient une progression par étapes, en testant d’abord ces modifications chez les rotifères, puis chez des organismes plus complexes comme les souris. L’objectif : identifier les mécanismes réellement responsables de la longévité. Mais cette approche soulève des questions. En effet, freiner le vieillissement pourrait favoriser le développement de cancers, car le vieillissement agit aussi comme un frein naturel à la prolifération cellulaire. Ainsi, même si l’idée d’"éliminer" le vieillissement reste irréaliste, les chercheurs visent un objectif plus atteignable : retarder le déclin lié à l’âge et améliorer la qualité de vie.


