- Après avoir bu de l’alcool, une inflammation temporaire survient dans le corps.
- Combinée à l’effort et à la chaleur, cette inflammation peut fragiliser l’organisme (déshydratation, stress physiologique), ce qui peut favoriser le coup de chaleur.
- Ainsi, il faut prendre des précautions (hydratation, repos, éviter la chaleur).
Pratiquer une activité physique alors qu’il fait particulièrement chaud et que vous avez consommé de l’alcool la veille, c’est une mauvaise idée. C’est ce que suggère une nouvelle étude présentée lors du Sommet américain de physiologie 2026 à Minneapolis. Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs sont partis d’un constat : "on ignore encore précisément ce qui se passe dans l'organisme lorsque deux facteurs – l'effort physique par forte chaleur et la consommation d'alcool – sont combinés, alors que de précédentes recherches montrent qu'environ 30 % des travailleurs du bâtiment déclarent souffrir de symptômes de gueule de bois au moins une fois par mois."
Les réactions inflammatoires sont amplifiées par l’effort physique et la consommation d’alcool
Afin d’en savoir davantage sur ce sujet, deux essais ont été menés. Pour les travaux, des volontaires ont marché sur un tapis roulant à différentes vitesses pendant quatre heures, simulant ainsi la moitié d'une journée de travail de huit heures. Ils se sont entraînés dans une pièce chauffée à 38 °C avec 40 % d'humidité relative. Lors d'un essai, certains participants ont consommé en moyenne huit verres d'alcool standard (suffisamment pour atteindre un taux d'alcoolémie cible de 0,11 g/L) la veille de l’intervention, tandis que d’autres s'abstenaient de consommer de l'alcool avant l'autre séance. Des analyses sanguines ont été effectuées après l'effort.
Selon les résultats, des taux plus élevés de marqueurs inflammatoires chez les participants ayant consommé de l'alcool la veille. "La consommation de boissons alcoolisées peut augmenter les niveaux d'inflammation, notamment en raison des substances chimiques présentes dans les boissons plus foncées comme le whisky, la tequila et le vin rouge, ou d'un composé toxique appelé acétaldéhyde que le corps produit lors de la métabolisation de l'alcool. De plus, l'alcool peut irriter le système digestif et permettre aux bactéries de passer dans le système circulatoire, ce qui active une réponse inflammatoire", ont expliqué les auteurs. En travaillant ou faisant de l'exercice dans des conditions de forte chaleur, une augmentation de l'inflammation dans le corps est aussi observée. Cela constitue une réponse normale au stress. Problème : cette inflammation excessive peut contribuer aux maladies liées à la chaleur.
"Les personnes qui font un effort physique après avoir consommé de l'alcool devraient prendre des précautions"
D’après l’équipe, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si l’exacerbation de certaines réactions inflammatoires de l'organisme accroît réellement le risque de maladies liées à la chaleur ou si cela affecte la récupération et le système immunitaire. "Les personnes qui font un effort physique après avoir consommé de l'alcool devraient prendre des précautions supplémentaires pour se protéger des maladies liées à la chaleur, notamment en s'hydratant correctement, en se reposant et en se mettant dans des endroits frais et à l'ombre", a conclu Jonathan Specht, auteur principal des recherches.


