- Certaines personnes ont une forme asymptomatique de la maladie d'Alzheimer.
- Grâce à l'IA, des scientifiques ont découvert une signature génique associée à cette forme de la maladie.
- Cela ouvre la voie à de nouveaux traitements, basés sur le renforcement des défenses cérébrales.
La maladie d’Alzheimer touche plus de 57 millions de personnes dans le monde. Pourtant, l’une de ses formes demeure mal connue : certains patients ne développent pas de symptômes cognitifs. Dans la publication spécialisée Acta Neuropathologica Communications, des chercheurs américains expliquent avoir découvert une caractéristique génique de cette pathologie, grâce à l’intelligence artificielle.
Des formes asymptomatiques de la maladie d’Alzheimer
"Même lorsque le cerveau présente des signes évidents de la maladie d'Alzheimer, certaines personnes conservent une grande acuité mentale", explique Sushil K. Mahata, co-auteur principal de l’étude. Ces individus ont des plaques amyloïdes dans le cerveau, caractéristiques de la pathologie, mais leurs fonctions cognitives sont préservées.
Pour comprendre cette forme de la maladie, les chercheurs ont utilisé un outil d’intelligence artificielle. Il a été testé sur une base de données rassemblant les informations liées à des millions d’échantillons de tissus humains. Cela leur a permis d’identifier des combinaisons géniques avec des effets différents sur les symptômes : 20 les augmentaient tandis que 20 les diminuaient. "Les cerveaux ayant conservé leurs fonctions cognitives malgré les altérations liées à la maladie d'Alzheimer présentaient un profil d'expression génique protecteur, caractérisé par une activité réduite des gènes impliqués dans l'accumulation de la protéine tau (une protéine susceptible de former des enchevêtrements neurofibrillaires nocifs dans la maladie d'Alzheimer) et une activité accrue des systèmes de réponse au stress cellulaire", indiquent les chercheurs.
Maladie d’Alzheimer : renforcer les mécanismes de défense cérébraux
Dans un second temps, ils ont utilisé des souris de laboratoire génétiquement modifiées pour décrypter ces signatures géniques. Cela leur a permis de découvrir le rôle d’une protéine appelée chromogranine A (CgA). Chez des souris atteintes d’Alzheimer, l’absence de cette molécule était associée à une absence de symptômes cognitifs. "Cet effet protecteur était encore plus marqué chez les femelles, qui présentaient également une accumulation de protéine tau réduite", développent les auteurs.
Ils estiment que ces résultats pourraient permettre d’adopter une nouvelle approche dans la prise en charge de la maladie d’Alzheimer. Plutôt que d’empêcher ou de supprimer les accumulations de protéines nocives dans le cerveau, les thérapies pourraient être axées sur le renforcement de la "résilience cognitive". "Nous commençons à découvrir les mécanismes de défense naturels du cerveau, ce qui pourrait transformer radicalement notre approche thérapeutique", complète Sushil K. Mahata.



