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Dépistage

Cancer de la peau : comment l’IA détecte très tôt les risques

Une étude montre que l’intelligence artificielle peut identifier des individus à haut risque de mélanome grâce à l’analyse de millions de données de santé. Une avancée qui pourrait permettre un dépistage plus efficace.

Cancer de la peau : comment l’IA détecte très tôt les risques Anastasiia Stiahailo / istock




L'ESSENTIEL
  • L’IA permet d’identifier plus précisément les personnes à risque de mélanome.
  • Des groupes à très haut risque peuvent être identifiés grâce à l’analyse des données de santé.
  • Cette approche pourrait révolutionner le dépistage.

Détecter plus tôt, cibler mieux : une étude suédoise, publiée dans la revue Acta Dermato-Venereologica, explore une piste prometteuse ouverte par l’intelligence artificielle (IA). En analysant des millions de données de santé, des chercheurs montrent qu’il serait possible d’identifier des individus à haut risque de mélanome, le cancer de la peau le plus agressif. Actuellement, la méthode de dépistage repose sur un examen visuel, réalisé par un dermatologue, qui vise à repérer les taches ou les grains de beauté suspects.

Affiner le dépistage du mélanome

La recherche, menée à l’Université de Göteborg et fondée sur les registres de santé de toute la population adulte suédoise, a analysé les données de plus de 6 millions de personnes. Parmi elles, plus de 38.000 ont développé un mélanome en cinq ans, soit 0,64 %. Les chercheurs ont croisé plusieurs informations : âge, sexe, diagnostics médicaux, traitements et statut socio-économique. "Notre étude montre que des données déjà disponibles dans les systèmes de santé peuvent être utilisées pour identifier les individus à haut risque de mélanome", explique Martin Gillstedt, statisticien hospitalier, dans un communiqué.

En comparant différents modèles, les chercheurs ont constaté que les outils d’intelligence artificielle (IA) amélioraient nettement la détection. Le modèle le plus avancé identifiait correctement les personnes à risque dans 73 % des cas, contre 64 % avec les seuls critères d’âge et de sexe. Plus frappant encore : en combinant toutes les données, l’IA a permis d’isoler de petits groupes présentant un risque de mélanome atteignant 33 % sur cinq ans. Une avancée majeure pour mieux cibler les efforts de prévention.

"Un dépistage ciblé sur des groupes à haut risque pourrait améliorer la surveillance tout en optimisant les ressources de santé", explique Sam Polesie, professeur en dermatologie. L’idée : intégrer ces outils d’IA dans une médecine dite de précision, en complément de l’évaluation clinique.

L’IA pour pallier le manque de dermatologues ?

Ce n’est pas la première fois que l’IA fait ses preuves en matière de dépistage de cancer de la peau. Des chercheurs sud-coréens ont récemment mis au point un modèle capable de détecter le mélanome avec 94,5 % de précision. Les auteurs notent que l’outil peut aussi identifier les éléments les plus importants pour établir un bon diagnostic, comme la taille ou la localisation de la lésion.

Cet enjeu est particulièrement crucial dans un contexte de tension médicale. En France, la Société Française de Dermatologie (SFD) alerte sur une pénurie croissante : en dix ans, plus de 1.000 dermatologues ont disparu, et le pays ne compte plus que 2.928 spécialistes en activité, un nombre jugé "largement insuffisant" alors que, dans le même temps, le besoin ne cesse d’augmenter : selon le dernier Panorama des cancers en France, près de 18.000 cas de mélanomes cutanés ont été diagnostiqués en 2023.

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